Machines

Swissmem dénonce une pénurie d’apprentis

Le président de l’association faîtière craint pour la compétitivité du pays

Il manque environ 600 apprentis en Suisse dans les domaines techniques ou technologiques. Une situation qui inquiète vivement l’industrie des machines et son association faîtière, Swissmem. Son président, Hans Hess, craint à moyen et long terme pour la compétitivité du pays et la relève dans son secteur, a-t-il déclaré jeudi à Zurich en marge de la 6e Journée de l’industrie. Cette pénurie déploie néanmoins ses effets dès à présent. Le président a donné l’exemple d’une entreprise suisse, sans en dévoiler l’identité, qui ne parvenant pas à recruter assez d’électromécaniciens s’est vue contrainte de délocaliser cette activité en Chine. Là-bas, elle n’a rencontré aucun problème pour embaucher. Un cas qui pourrait se reproduire, prévient Swissmem.

«C’est comme si la population ne croyait plus à notre système dual, lequel a pourtant fait ses preuves. Tout le monde veut que ses enfants fassent des études moyennes ou supérieures, au détriment de l’apprentissage», a-t-il regretté. Il a aussi mis en garde contre les risques d’une «académisation» à outrance de la jeunesse. Un phénomène qui a conduit à un nivellement par le bas dans d’autres pays, selon lui. Hans Hess a cependant admis que la branche des machines avait peut-être aussi sa part de responsabilité dans ce désamour. Raison pour laquelle Swissmem va mettre en place des initiatives de séduction afin d’attirer davantage les jeunes vers les domaines techniques.

Trop pessimiste, mais…

Sur l’autre sujet brûlant pour l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, Hans Hess a déclaré que sa branche avait accepté l’arrimage du franc à l’euro, à 1,20 franc. Mais que ce niveau n’était pas encore digéré par les entreprises qui exportent la majorité de leur production. Les contre-mesures décidées par les sociétés se concrétisent maintenant, presque un an après que la devise nationale a frisé la parité avec la monnaie unique. Le président de Swissmem a cependant confessé qu’il avait alors peut-être surestimé les risques de délocalisations pesant sur la Suisse. A l’époque, il avait parlé de 500 cas possibles.

Lui n’a toutefois pas hésité à franchir le Rubicon. Basée à Wetzikon, la société Reichle & De-Massari, dont il est président et qui a essuyé des pertes l’an dernier, a relocalisé une partie de ses activités de fibres optiques en Bulgarie. Une centaine d’emplois sont en passe d’y être créés, une trentaine est par contre passée à la trappe en Suisse. Entre-temps, la société a renoué avec les chiffres noirs. Reste que Hans Hess a réaffirmé que la Suisse sortirait plus forte des tourments actuels.

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