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Hans Hess, le président de Swissmem, l’association faîtière de l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux.
© Keystone

Industrie

Swissmem juge que le creux de la vague est passé mais s’inquiète des initiatives à venir

L’amélioration des carnets de commandes et des ventes au deuxième trimestre rassure l’association faîtière de l’industrie MEM. Pour Hans Hess, son président, un retrait des Bilatérales serait un choc encore plus grand que l’abandon du taux plancher.

Des lueurs d’espoirs se dessinent à l’horizon pour l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM). Après le choc qui a suivi l’abandon du taux plancher entre le franc et l’euro en janvier 2015, les signaux ont été orientés au rouge tout au long de l’an dernier. Les chiffres à fin juin présentés mercredi par Swissmem, l’association faîtière de la branche MEM qui emploie 321 000 personnes en Suisse, montrent une inversion de tendance. C’est le cas en particulier des entrées de commandes, qui ont bondi au deuxième trimestre de 18,5% par rapport à la même période de l’an précédent (+9,6% pour l’ensemble du premier semestre). Il en va de même pour le chiffre d’affaires, en hausse de 1,8% durant la période allant d’avril à juin (-3,5% sur l’ensemble du semestre). Le rebond des ventes d’avril à juin interrompt ainsi une évolution négative durant sept trimestres d’affilée.

Reprise des exportations vers l’UE et les Etats-Unis

Même tendance pour l’emploi, où une légère amélioration a été observée durant le deuxième trimestre, même si la branche a presque perdu 10 000 emplois entre fin 2014 et fin juin dernier. Pour Peter Dietrich, le directeur de Swissmem, ces perspectives encourageantes montrent que «le creux de la vague est passé».

Lire aussi: Peter Dietrich: «On essaie de faire monter le prix du maintien des Bilatérales»

Les exportations de l’industrie MEM vers l’Union européenne (presque 60% du total) ont progressé de 3,4% au premier semestre, tout comme celles en direction des Etats-Unis (12,5% du total) en hausse de 2,6%. En revanche, les exportations vers l’Asie, un cinquième de l’ensemble, ont chuté de 6,4%.

Pour Swissmem, il ne peut pas être question d’un répit. Selon son directeur, la force du franc a «coûté beaucoup de substance» à l’industrie MEM. Il a aussi rappelé que l’association soutient l’action menée par la BNS pour limiter l’appréciation du franc. Il estime ainsi que le secteur ne supportera «aucune charge, réglementation ou insécurité supplémentaire».

Des initiatives nuisibles en série selon Swissmem

Hans Hess, le président de Swissmem, lui a emboîté le pas pour avertir des effets néfastes de quatre initiatives populaires sur lesquelles le peuple suisse se prononcera d’ici à février prochain. A commencer, fin septembre, par l’initiative «Pour une économie verte» qui exigerait que la Suisse réduise de 65% sa consommation actuelle de ressources jusqu’à 2050. Selon Hans Hess, les coûts pour la production industrielle augmenteraient de façon substantielle. «Pour survivre, une grande partie de l’industrie serait forcée à quitter la Suisse», estime-t-il.

Lire aussi: Benoît Genecand: «L’initiative pour une économie verte est pire qu’Ecopop»

Il s’en est aussi pris tour à tour à l’initiative «AVSplus pour une AVS forte», qui augmenterait les coûts des contributions pour les collaborateurs et les entreprises, à celle «Sortir du nucléaire», votée fin novembre, qui selon lui mettrait en danger la sécurité de l’approvisionnement. Il est aussi critique vis-à-vis de l’initiative portant sur la sécurité alimentaire, votée en février, qui selon lui pourrait mettre en péril une éventuelle participation de la Suisse au partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP).

Lire aussi: Le TTIP pourrait bien atterrir aux oubliettes

Dans l’immédiat, la question de la mise en œuvre de l’initiative dite contre une immigration de masse n’est pas encore réglée. Au sujet de la préférence indigène, Hans Hess s’est dit d’accord avec l’idée selon laquelle les entreprises devraient d’abord soumettre les offres d’emploi à des personnes résidant en Suisse avant de recruter à l’étranger.

Quelle que soit la solution retenue, la sauvegarde des accords bilatéraux avec l’UE est primordiale aux yeux de Swissmem: «Une suppression des Bilatérales serait un choc encore plus fort que l’abandon du taux plancher», a prévenu Hans Hess. De plus, sans accord avec l’UE, l’association au programme européen de recherche «Horizon 2020» serait terminée pour la Suisse, a-t-il averti.


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