Le Temps: Quelles sont les raisons de votre présence à cette Assemblée générale?

Paul Sonderegger: Nous avons la conviction que la direction du groupe Swissmetal fait complètement fausse route. «La Boillat» était un vrai bijou, la vache à lait de Swissmetal depuis quinze ans. Aujourd'hui, cette entreprise est complètement détruite, la clientèle est désemparée. Certaines entreprises pourraient même disparaître. C'est un mépris total de la clientèle suisse et internationale.

- Certains petits actionnaires ont accepté d'augmenter le capital-actions de Swissmetal en 2004. Ils affirment que sans leur accord, la société aurait disparu. Aujourd'hui, ils ont l'impression d'être pris en otage. Que leur répondez-vous?

- C'est très difficile. J'ai subi la perte de valeur de l'action ces dernières années. En tant qu'actionnaire, il existe un risque. Mais ce qui me choque c'est la manière avec laquelle cette entreprise est dirigée.

- Etes-vous favorable à l'entrée de Roger Bühler de Laxey au conseil d'administration de Swissmetal?

- Non. Il est inadmissible que des fonds financiers qui raisonnent sur trois à six mois, voire cinq ans si tout va bien entrent dans le conseil d'administration. Il y a là un conflit d'intérêts entre les petits et les principaux actionnaires. Ces gens-là risquent d'utiliser toutes les limites possibles pour qu'on ne leur reproche pas d'avoir fait des opérations d'initiés.

- Etes-vous favorable à l'augmentation de capital?

- Non, nous la combattons également. On ne va pas mettre du capital supplémentaire à la disposition d'un management pour continuer à faire des erreurs de gestion et d'acquisition.

- Le rachat de la société Avins qui distribue des produits en cuivre est-elle pour vous une erreur?

- Il ne s'agit pas nécessairement d'une erreur. Mais ce rachat est contraire à la stratégie de Swissmetal d'avoir cinq usines, dont une en Asie. La stratégie du management est de produire des spécialités. Le rachat d'une entreprise de distribution et de représentation n'en fait donc pas partie.