Médias

SwissPay veut améliorer son système de paiement intelligent

Le système de paiement d’articles journalistiques développé par la start-up lausannoise séduit deux nouveaux investisseurs helvétiques. Elle viendrait de lever un million de francs

Un article de presse gratuit par jour, cinq par mois, les premières lignes de tous les sujets ou rien du tout, chaque média a sa politique pour monétiser son contenu sur internet. Et pourtant, ces systèmes de paiement risquent de changer. La start-up lausannoise SwissPay a annoncé mardi, dans un communiqué, vouloir «révolutionner la manière de consommer la presse en ligne». Et elle en aura désormais les moyens puisqu’elle a convaincu deux nouveaux investisseurs suisses, Edipresse Groupe et Polytech Ecosystem Ventures, qui s’ajoutent à l’actionnaire historique Virtual Network. Si l’entreprise communique sur le succès de son «tour de financement», elle ne désire pas révéler le montant levé. Mais, selon nos informations, il s’élèverait aux alentours d’un million de francs.

Attirer le lecteur avec un titre accrocheur est possible. Il est plus difficile en revanche de lui faire payer une information quand certains médias l’offrent gratuitement. «En général, moins de 1% des utilisateurs passent le mur du paiement pour lire un article payant», estime Marc Lamarche, fondateur de SwissPay. Un taux que la start-up ramène déjà à 17% grâce à son «smartwall», système de paiement intelligent. «Nous voulons sauver le journalisme grâce à notre système», poursuit-il.

«Une alternative rapide et flexible»

Selon Marc Lamarche, pour atteindre ce taux, «il fallait une alternative qui soit rapide et flexible.» C’est dans cette optique que s’est créée SwissPay en 2015. L’offre est principalement destinée aux médias et permet de multiplier leur revenu publicitaire jusqu’à dix fois, selon SwissPay. Les annonceurs, quant à eux, peuvent cibler un type de contenu. Et les lecteurs peuvent accéder, en trois clics, à un article payant.

Pas besoin de s’enregistrer et de créer un compte ni de le confirmer ni d’introduire les dizaines de chiffres d’une carte de crédit. L’utilisateur a deux options: soit il accepte de visionner une vidéo publicitaire, soit il clique sur le bouton «payer». Dans ce cas, il choisit son opérateur de téléphonie et indique son numéro de portable avant de confirmer la transaction. Le montant est ajouté à la facture mensuelle ou débité du solde prépayé.

«Les annonceurs apprécient ce format parce qu’ils paient en moyenne 45 centimes lorsque la vidéo a été entièrement visionnée», poursuit Marc Lamarche. Tout comme les lecteurs: «en ayant le choix, l’utilisateur acceptera beaucoup mieux la publicité.» Une technique publicitaire qui existe déjà dans le domaine des jeux sur smartphone où l’intérêt est de gagner des cadeaux, non pas de lire un article.

Une lente insertion en Suisse

Grâce à son premier client, Le Temps, la start-up a récolté des données pour améliorer son système. Mais, pour que le système fonctionne, il fallait aussi le soutien d’opérateurs de téléphonie qui utilisent la technologie de «Direct Carrier Billin».

En Suisse, Swisscom, M-Budget Mobile et Lyca participent donc au smartwall de SwissPay. Contrairement à Sunrise: «nous évaluons en permanence toutes les options pour améliorer l’expérience de nos utilisateurs», a répondu le groupe, récemment élu meilleur opérateur suisse par le test Connect. Salt n’a pas voulu choisir ce système pour le moment.

Embauches prévues

Grâce à la levée de fonds, la start-up souhaite consolider sa présence en Suisse. Elle prévoit également d’étendre son activité en France, où elle possède déjà un bureau ainsi qu’en Allemagne et au Royaume-Uni. Des discussions sont en cours mais SwissPay n’a pas souhaité citer ses partenaires, hormis le magazine allemand Bilanz avec qui il travaille déjà. D’ici la fin de l’année 2017, l’entreprise espère passer de 3 à 10 employés.

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