Le rachat de Swiss par Lufthansa modifie les perspectives des principaux sous-traitants. Mais pas nécessairement dans un sens négatif. «Pour nous, c'est une chance», avoue Stefan Beerli, chef du marketing de Swissport, le leader des services au sol avec 21 000 emplois et 1,35 milliard de francs de chiffre d'affaires. Le groupe suisse profite, contrairement à SR Technics ou Gate Gourmet, de l'absence de département équivalent dans les structures de Lufthansa. Mieux, l'intégration de Swiss dans Star Alliance ouvre de nouveaux horizons, d'autant que la taille de Swissport est un argument de vente notable auprès des membres de ce réseau.

Stefan Beerli hésite toutefois à évaluer les effets de la fusion. «Pour estimer les conséquences sur la planification, le personnel et le chiffre d'affaires, nous devons connaître les nouveaux horaires et les appareils utilisés. Toutefois, les premiers signaux, notamment l'ajout de deux avions long-courriers à Zurich, sont positifs.» Swissport détient un contrat de service complet avec Swiss qui échoit fin 2006. Les deux partenaires en sont satisfaits. «Il n'y a aucune crainte à émettre sur son éventuelle suppression», selon Swissport. Lufthansa est également client de Swissport dans 20 destinations.

SR Technics, le groupe de maintenance d'avions, se trouve dans une situation moins confortable, même s'il diversifie sa base de clients. Il y a deux ans, 40% de son chiffre d'affaires était lié à Swiss. Après le rachat pour 1,2 milliard de dollars du britannique FLS Aerospace, finalisé en janvier dernier, cette dépendance s'estompe. Swiss représente 30% du chiffre d'affaires de SR Technics Suisse – lequel emploie 2800 personnes – et 20% du chiffre d'affaires du groupe, selon Erwin Schaerrer, porte-parole. «Le contrat échoit en 2009, mais nous sommes très confiants après les déclarations de Wolfgang Mayrhuber.» Ce dernier s'engage en effet à respecter les contrats qui ont été signés. L'atmosphère n'est cependant pas au beau fixe. Un conflit oppose SR Technics à Swiss sur l'interprétation du contrat de maintenance en vigueur. L'arbitrage a été confié à la Chambre de commerce internationale (CCI).