Filiale orpheline de Swissair il y a huit mois, Swissport a spectaculairement redressé la situation. Hier, elle a annoncé le rachat du groupe hollandais Cargo Service Center (CSC), leader dans le traitement du fret (2000 employés, 200 millions de chiffre d'affaires dans quinze pays). Simultanément, la compagnie Swiss renonçait à mettre sur pied son propre service d'assistance au sol et continuera à s'appuyer sur Swissport, dont elle assure un quart du chiffre d'affaires. Swissport peut donc envisager l'avenir avec sérénité, voire ambition. «La décision de Swiss rassurera nos collaborateurs», se réjouit le porte-parole, Stephan Beerli. Mais c'est surtout la reprise de CSC qui élargit les perspectives du prestataire de services au sol, repris par le britannique Candover en février: «Nous devenons un fournisseur complet et continuons d'optimiser nos coûts», ajoute Stephan Beerli. D'autres rachats ne sont pas exclus après la période d'intégration. Avec 18 000 employés dans 164 aéroports pour assister 55 millions de passagers et gérer 2 millions de tonnes de fret, Swissport devient le numéro deux mondial du secteur, derrière Servisair/Globeground. Le montant payé pour CSC n'est pas connu. Candover cherche probablement à augmenter la valeur de Swissport pour la revendre. Quant aux raisons poussant Swiss à renoncer à son propre service au sol, on laisse entendre dans la compagnie que celle-ci a d'autres chats à fouetter en ce moment, sans parler des coûts et des tensions syndicales qu'aurait entraîné une déclaration d'indépendance.