Pas moins de 240 millions de francs ont été mis sur la table par Swissport International, filiale du groupe SAir pour l'assistance au sol, afin de financer le rachat de l'américain DynAir. Etablie à Washington et présente dans 55 aéroports américains, la société américaine convoitée par Swissport est la plus importante dans le secteur selon Jean-Claude Donzel, porte-parole de Swissport. «Avec cette acquisition, Swissport International deviendrait le numéro un mondial dans l'assistance au sol», poursuit ce dernier – les numéros un et deux mondiaux actuels du secteur étant respectivement Hudson joint-venture (une société liée à Lufthansa) et la compagnie américaine Ogden. La reprise nécessite encore l'aval des actionnaires, le propriétaire de DynAir, Alpha Airports Groupe, étant côté à la Bourse de Londres. La raison de ce rachat? «Nous ne possédons pas de point d'ancrage aux Etats-Unis dans le domaine de l'assistance au sol», explique Jean-Claude Donzel. Alors que Swissport International, qui recense 300 compagnies clientes dans tout le monde et a atteint un chiffre d'affaires en 1998 de 415 millions de dollars (658 millions de francs), est déjà présent en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique.

Et pourtant, certains experts ne semblent pas convaincus. «Le fait que la vague d'acquisitions du groupe SAir – en incluant celle-ci – sera bénéfique aux actionnaires reste à démontrer», estime Anthony Bor, analyste chez Merrill Lynch à Londres. Car au contraire d'autres concurrents américains, britanniques ou canadiens qui se sont concentrés sur leur activité principale – les lignes aériennes – en vendant leurs activités externes comme le catering ou l'assistance au sol, SAir a continué sa croissance dans les activités périphériques, par voie d'acquisition. Or, pour les analystes, ce sont les actionnaires qui comptent. Et quel est l'intérêt d'être présent partout, à moins que ces derniers n'en bénéficient? Car les synergies entre l'assistance au sol au Moyen-Orient ou aux Etats-Unis, par exemple, sont difficiles à trouver. Et en tant qu'investisseur, il est toujours possible de créer son propre portefeuille d'actions en s'exposant à ces différents secteurs, sans pour autant payer les primes du groupe SAir pour ses acquisitions.