Le krach profite au groupe Swissquote. La banque en ligne connaît «une forte augmentation des demandes d’ouverture de compte», a-t-elle indiqué mardi lors la présentation de ses résultats annuels à la presse.

«Plusieurs milliers de demandes sont reçues chaque semaine depuis le début de l’année. Ces demandes doivent être vérifiées conformément aux obligations légales et réglementaires, ce qui prend du temps. Cela explique les retards actuels au niveau des ouvertures de comptes», selon l'établissement. 

Swissquote, qui emploie 722 collaborateurs, en hausse de 60 en un an (dont 36 à la suite d’une acquisition), avoue travailler «d’arrache-pied pour résorber le retard». 

La bourse a apprécié. Le titre Swissquote est en hausse de 12% par rapport à la veille. Mais le volume d'échanges est modeste, selon les analystes.

«La volatilité profite à Swissquote à court terme. On peut toutefois supposer que l'activité des clients se réduira quand la situation se sera calmée», tempère Moritz Baumann, analyste financier auprès du gérant Albin Kistler. Ce dernier craint par ailleurs la baisse structurelle des marges dans le négoce d'actions. Il juge le titre surévalué sur la base des perspectives long terme. Pour lui, Swissquote appartient à la catégorie des «fournisseurs de technologie» et fait face à la rude concurrence qui règne dans cette branche.

Un trafic quatre fois plus élevé

Pour l'instant, le groupe basé à Gland (VD) n'a pas à se plaindre. Marc Bürki, président de la direction, déclare que «sur notre plateforme, le trafic est quatre fois supérieur à la normale». Malgré ce fort volume, le négoce ne rencontre pas de perturbations techniques, assure la direction.

Depuis le début de l'année, Swissquote a enregistré 700 millions de francs d'argent frais. «Il s'agit sans doute de petits investisseurs qui tiennent à profiter du bas niveau des actions. Nous constatons d'ailleurs que les petits épargnants paniquent moins que les institutionnels», a révélé Marc Bürki.

Trente mille nouveaux comptes l’an dernier

L’an dernier, dans un environnement boursier complètement différent d'aujourd'hui, Swissquote a enregistré la création de plus de 30 000 nouveaux comptes clients. Le nombre total de comptes clients a progressé de 9,3% pour atteindre un niveau record de 359 612. Mais les revenus nets des commissions ont reculé de 6,6% car le nombre de transactions s’est réduit de 3 millions à 2,8 millions. 

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Les nouveaux capitaux affluent dans le groupe dirigé par Marc Bürki. Au premier trimestre 2020, ils ont atteint 700 millions de francs. En 2019, l'afflux net s'est élevé à 4,558 milliards de francs. Il correspond à une hausse de 46%, provenant pour moitié de la croissance organique et pour l’autre de l’intégration d’Internaxx.

La chute des bourses a toutefois réduit le total des actifs sous gestion de 4 milliards de francs. L'an dernier, ils avaient augmenté de 35,3% pour atteindre 32,2 milliards de francs.

Swissquote demande maintenant aux clients ayant plus de 500 000 francs (ou euros) de payer un taux négatif sur leurs avoirs, mais «une partie de ces charges est restituée aux clients sous forme d’avoirs de trading», précise-t-elle.

Malgré l’énorme incertitude économique et financière, le groupe prévoit une hausse de plus de 10% du chiffre d’affaires et du bénéfice net en 2020.

L’an dernier, le chiffre d’affaires s’est accru de 6,5% à 239,9 millions de francs et corrigé des taux d’intérêt négatifs (9,5 millions à sa charge), la hausse atteint 7,5%. L’an dernier, le bénéfice net est resté presque inchangé à 44,7 millions de francs, en raison de la hausse des charges.