Malgré un premier semestre dans les chiffres rouges, Swissquote est parvenu à clôturer l’exercice 2015 avec un petit bénéfice de 2,1 millions de francs, en chute de 91% sur un an. Un recul principalement dû à la provision de 25 millions constituée en janvier 2015 afin de couvrir les soldes négatifs des clients actifs dans les devises qui ont perdu de l’argent suite à l’abandon du taux plancher par la Banque nationale Suisse (BNS). Swissquote doit encore traiter 187 cas de clients qui ont subi des pertes après le 15 janvier, a déclaré Marc Bürki, son directeur, cité par l’agence AWP. A fin septembre 2015, le nombre de cas ouverts s’élevait encore à 420 unités.

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Sur le seul premier semestre, la provision a eu un impact négatif à hauteur de 20,5 millions (net d’impôts). Entre-temps, celle-ci a pu être abaissée à 18,4 millions en seconde partie d’année au fur et à mesure que des clients ont remboursé de l’argent à la société.

Charge de 4,4 millions due aux taux négatifs

Malgré tout, les revenus opérationnels de la société basée à Gland (VD) ont continué de progresser à 151,6 millions (+4,2%) l’an dernier. En tenant compte de l’impact des taux négatifs introduits l’an dernier par la BNS, qui a grevé ses comptes à hauteur de 4,4 millions, les revenus nets ont crû à 146,6 millions (+ 0,8%). L’afflux d’argent frais a, lui, atteint 1,2 milliard de francs, contre 1,08 milliard l’an précédent. C’est aussi le niveau le plus élevé affiché par la banque en ligne depuis 2010.

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Le nombre total de compte de clients a aussi augmenté à 231 327 à fin décembre, soit près de 10 000 de plus que l’an précédent. Ceux-ci sont constitués principalement par des comptes de trading (171 170 comptes), d’épargne (32 542 comptes) et dans les devises (26 246 comptes). Dans ce dernier segment, Marc Bürki, le directeur de Swissquote, a insisté vendredi devant les médias à Zurich sur le fait que la banque allait mettre l’accent sur la «qualité» de sa clientèle, quitte à renoncer à certaines relations d’affaires.

Réduire les risques dans le négoce de devises

Pour éviter qu’une situation comme celle du 15 janvier 2015 ne se reproduise, la banque procède à des analyses de risques en fonction de différents scénarios. Ce sera le cas par exemple en vue de la votation au Royaume-Uni en juin prochain. «Nous allons évaluer différents scénarios en lien avec le Brexit, les niveaux de risques encourus et examiner les positions prises par les clients», a illustré le directeur. Dans certains cas, la banque va conseiller aux clients de réduire leur niveau de levier.

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Dans les activités de trading, le nombre de transactions par client et par année s’est établi à 12,8 en moyenne en 2015, en hausse de 8% sur un an. Comment les clients se sont-ils comportés suite à la chute des bourses depuis janvier? Marc Bürki observe que la volatilité des marchés profite généralement à la société. Pour autant, il n’anticipe pas un retour aux niveaux affichés avant la crise financière, lorsque le nombre moyen de transactions avait parfois dépassé le seuil de 25 par année. «Si nous remontons à 15 transactions par client et par année, nous serions déjà satisfaits», a-t-il souligné.

La collaboration avec PostFinance entre dans sa phase active

Outre l’activité de négoce proprement dite, Swissquote propose depuis 2010 une offre de banque privée en ligne automatisée («ePrivate Banking») qui a été utilisée l’an dernier par 1369 clients (+13%), représentant des actifs de 65,8 millions de francs. Marc Bürki s’est dit convaincu que l’essor des «robots conseillers» va se poursuivre en s’observant les développements à l’étranger de sociétés comme Betterment ou SigFig.

La collaboration avec PostFinance, qui entrera dans sa phase active au premier semestre 2016, devrait permettre à la banque d’accroître la masse sous dépôt «de manière significative». Le développement de la nouvelle plate-forme de négoce commercialisée pour des établissements tiers («white label»), aussi à l’étranger, a mobilisé pas moins de 130 ingénieurs.

A la bourse, l’action de Swissquote a d’abord évolué aussi bien à la hausse qu’à la baisse vendredi, avant de clôturer la séance en recul de 1,6% à 23.80 francs.