Au sein de la firme basée à Nyon (VD), on ne parlait mercredi que de «rumeurs». Et, chez EIM, on ne commente pas les rumeurs. La dernière en date reste à ce point diffusée qu’elle ressemble à un appel. Depuis 48 heures, plus personne n’ignore qu’Arpad Busson – un nom rimant avec hedge funds comme avec fortune, amours hollywoodiennes ou bals de charité – cherche un repreneur pour sa société, EIM.

«Busson serait en train de soupeser la vente d’EIM, alors que les actifs confiés aux fonds de fonds se contractent», a annoncé dès lundi l’agence Bloomberg, qui tient ses informations de «quatre personnes ayant connaissance du dossier».

Les fonds de fonds déclinent

Le financier d’origine française «voudrait rester dans sa société, même si elle est vendue», ajoute l’agence financière, citant une personne à laquelle Arpad Busson «confie ses réflexions».

Cette cession ferait suite à l’effondrement de 50% des sommes gérées par EIM depuis le début de la crise. Employant une centaine de personnes – contre 240 en 2008 –, la firme «aurait du mal à garder rentable» une activité autrefois en vogue, consistant à permettre à de richissimes particuliers – ou à de grandes institutions – de profiter des plus-values générées par les virtuoses du «trading». La crise est passée par là. L’affaire Madoff aussi. EIM s’est retrouvée fin 2008 avec 2% de ses actifs – 230 millions de dollars – piégés chez le roi des escrocs.

Le projet ne daterait pas d’hier. A en croire un ancien cadre de la firme contacté mardi, «en 2008 déjà, on savait en interne qu’Arki [ndlr: surnom dont est affublé le patron d’EIM] voulait vendre mais que le prix proposé ne lui convenait pas».