Pour les touristes, elles étaient bien pratiques, pour les autochtones elles représentaient un petit symbole. Pourtant, dans le cadre de sa restructuration, Swiss va fermer quatre agences en Suisse, dont les deux dernières de Suisse romande, à Genève et Lausanne. Elles n'ont à vrai dire jamais été bien nombreuses. A la grande époque de Swissair, se rappelle le porte-parole Jean-Claude Donzel, il y en avait dans un peu moins de dix villes. Aujourd'hui, il en reste six, et dès l'automne plus que deux, à Zurich et à Berne. Ces «City Ticket Offices», par opposition aux «Airport Ticket Offices» qui ne sont pas touchés, sont toujours situés au centre-ville, soit aux abords des gares, soit dans des lieux prestigieux comme la Paradeplatz à Zurich. A l'heure où la compagnie doit réaliser des économies, c'est un luxe dont il faut se passer.

Signe des temps: peu se sont émus de la récente fermeture du petit bureau en l'Ile à Genève, où l'on faisait un crochet pour demander un renseignement en sortant de chez Vacheron. C'est que si ces agences affirment la présence de Swiss au cœur des villes, ce n'est concrètement pas là que se réalise l'essentiel des affaires. Il suffit de regarder ailleurs, note Giovanni de Carlo, représentant de la direction de Swiss en Suisse romande, les compagnies étrangères n'ont pratiquement plus de points de vente au centre-ville. Les habitudes de consommation ont changé, constate notre interlocuteur qui éprouve quand même un choc psychologique: les réservations se font aujourd'hui de plus en plus par téléphone et Internet. Quant aux clients traditionnels, les plus nombreux, ils passent directement par leur agence de voyage et non par un bureau Swiss. Chez cette dernière, les voyagistes représentent 80% du volume de distribution. Sans doute n'était-il d'ailleurs pas très utile de faire de l'ombre, en ce moment, à des partenaires aussi importants.

De plus, souligne Giovanni de Carlo, à l'époque de Swissair, ces agences traitaient les demandes pour tous les membres du groupe Qualiflyer. Celui-ci a disparu et l'activité des «City Ticket Offices» s'en est fortement ressentie.

Les deux dernières agences romandes, à Lausanne et à Genève, seront ainsi fermées. Le personnel, 8 à Lausanne et 9 à Genève, a été informé hier matin et sera licencié pour le 31 octobre. Au terme de ce processus, il n'existera plus aucun «City Ticket Offices» en Suisse romande.

En Suisse alémanique, le bureau de Saint-Gall a déjà été fermé le 30 juin. Des mesures similaires sont prévues outre-Sarine: un des deux bureaux de Zurich, celui de la gare, et celui de la gare de Bâle, vont abaisser définitivement le rideau cet automne. Comme en Suisse romande, les 10 et 8 employés respectivement, seront licenciés.