Au Costa Rica, dans le secteur de la banane, les relations entre syndicats et multinationales sont depuis longtemps tendues. Dès la fin des années 70, des grèves pour lutter contre les conditions de travail dans les plantations ont paralysé tout le secteur. Les entreprises ont réagi en quittant leurs terres, parfois du jour au lendemain, pour en trouver d'autres. Les conventions collectives de travail dans le secteur ont progressivement disparu.

Par contraste, une nouvelle forme d'association, voire une doctrine sociale, est apparue: le Solidarismo, synonyme théorique de paix du travail entre les patrons et leurs employés. Alors que l'immense majorité des travailleurs du secteur étaient auparavant syndiqués, aujourd'hui, ils adhèrent tous au Solidarismo qui leur donne, par exemple, certains avantages pour l'obtention de crédits. «Le Solidarismo est une forme d'association subtile, non reconnue par l'Organisation internationale du travail, et inventée pour lutter contre la formation de syndicats indépendants», lance Gilberth Bermudes Umaña, coordinateur du syndicat Colsiba. Néanmoins, ce dernier a quand même signé un accord régional avec Chiquita en 2002. Il engage la multinationale à respecter notamment la liberté syndicale.

En revanche, à Coopetrabasur, les syndicats n'existent pas. «Nous n'en avons pas besoin. En cas de problèmes, les associés peuvent demander une réunion dans un délai d'un mois et tout se règle par des discussions», explique Carlos Vargas, porte-parole de la coopérative.