«Le rapport qualité-prix de l’AVS est imbattable»

Prévoyance L’USS défend l’efficacité

du 1er pilier face à la prévoyance privée

L’Union syndicale suisse (USS) a présenté mercredi une étude interne tendant à prouver que l’efficacité financière des rentes AVS est meilleure que les solutions de prévoyance privée.

«Nous nous sommes posé la question des économies que devrait faire un ménage si l’AVS n’existait pas», explique Doris Bianchi, secrétaire de l’USS. Les cotisations de l’employé durant sa vie professionnelle, majorées d’une part des impôts payés, et la rente servie à l’âge de la retraite ont été comparées au système du 3e pilier, c’est-à-dire l’épargne de prévoyance vieillesse individuelle libre faite auprès de banques ou d’assurances.

«Le rapport qualité-prix de l’AVS est imbattable», affirme Paul Rechsteiner, président de l’USS, en commentant les résultats. Les syndicats citent cinq exemples, du couple d’un maçon et d’une fleuriste avec deux enfants, à un informaticien et une laborantine avec un enfant, en passant par un boulanger célibataire. Dans ces cas, à versement égal de cotisations, la rente servie par l’AVS est meilleure que celle de l’épargne du 3e pilier. La différence, sur la base des exemples cités, varie entre 6% et 12% du salaire.

L’avantage en faveur du système obligatoire public comparé à l’épargne libre privée est particulièrement net pour les couples qui ont élevé des enfants. Ainsi, dans l’exemple du couple formé d’un maçon et d’une fleuriste ayant travaillé à temps partiel, la contribution à l’AVS représente 10,3% du salaire, alors que pour obtenir la même rente en cotisant au 3e pilier, 22,5% du salaire aurait dû être versé. Le système de l’AVS offre en effet des bonifications pour tâches éducatives qui permettent d’obtenir une rente maximum même si le montant des cotisations versées, ou leur durée, ne l’autoriserait pas.

L’étude de l’USS conclut qu’en raison de frais administratifs supérieurs et de la nécessité de rémunérer les actionnaires, le système du 3e pilier n’est pas compétitif et que l’économicité du premier pilier de l’AVS est nettement meilleure.

Deux logiques

Bien que Paul Rechsteiner réfute l’argument, il faut noter que les grandes différences de financement de ces deux types de prévoyance vieillesse ne permettent pas de fonder des comparaisons de rendement économique ou de rapport qualité-prix pertinentes.

L’AVS, financée à hauteur d’un quart par des fonds publics, est axée sur la solidarité entre les générations (les cotisants actifs paient les rentes des aînés), et entre les hauts et les bas revenus.

La rente AVS est en effet plafonnée, mais pas les cotisations puisque les personnes aisées versent une contribution en pour cent de leur salaire nettement supérieure au financement nécessaire de leur future rente. Le premier pilier, obligatoire, n’est donc plus du tout intéressant financièrement à partir d’un revenu de quelque 18 000 francs par mois. Une autre forme de solidarité pour les bas salaires, via le bonus éducatif, accentue encore les caractéristiques d’épargne collective de l’AVS comparé à l’épargne individuelle du 3e pilier.