Les partenaires sociaux ne veulent pas d’un nouveau semi-confinement. Dans une lettre commune adressée mardi à Alain Berset et Guy Parmelin que Le Temps s’est procurée, les organisations patronales et syndicales enjoignent à «tout mettre en œuvre» pour éviter un nouveau confinement.

Signé par l’Union suisse des arts et métiers (USAM), l’Union patronale suisse, l’Union syndicale suisse (USS) et Travail.Suisse, le courrier engage à privilégier les plans de protection établis par les associations sectorielles et de leur adjoindre des contrôles pour en vérifier l’application.

On ne veut pas d’une restructuration économique liée au coronavirus

Pierre-Yves Maillard, président de l’USS

Selon Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, la menace qui pèse sur l’économie dicte cette rare alliance de circonstance: «On ne veut pas une restructuration économique due au coronavirus, tonne l’ancien conseiller d’Etat vaudois. La situation est différente par rapport à la première vague. Si on prend des mesures sur le lieu de travail qui protègent les travailleurs, et qu’on impose des plans de protection négociés, alors on peut mieux contrôler la circulation du virus.»

Si l’Etat impose ces fermetures, il doit aussi assumer sa responsabilité

André Berdoz, vice-président de l’USAM

Vice-président de l’USAM, André Berdoz partage son inquiétude. Son organisation prône des fermetures ciblées si des foyers de contamination sont identifiés. «Mais si l’Etat impose ces fermetures, insiste-t-il, il doit aussi assumer sa responsabilité, selon le principe qui paie commande. Pour le moment, on a l’impression que ce n’est pas la priorité. On obtient des réponses évasives. Beaucoup d’entreprises ont utilisé leurs réserves. Des patrons sont épuisés et risquent de jeter l’éponge.»

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«Si des mesures limitent l’activité, il faut qu’il y ait un pendant économique, renchérit Pierre-Yves Maillard. Sinon, tous les milliards qui ont été injectés ce printemps l’auront été en vain. Cela prend beaucoup plus de temps de reconstituer une économie que de la démanteler», s’alarme-t-il. Il insiste en revanche pour que des contrôles renforcés soient effectués afin de veiller au respect des mesures de protection.

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Accélérer les aides publiques

Les partenaires sociaux appellent à la mise en œuvre rapide du fonds de rigueur prévu par la loi dite Covid-19 acceptée en septembre par le parlement. Une ordonnance d’application est en préparation, mais sa date d’entrée en vigueur n’est pas connue. Le mécanisme adopté par le législatif prévoit de plus une subsidiarité entre les cantons et la Confédération, ce qui risque de ralentir le déploiement de cet instrument.

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L’activation des allocations pour perte de gain (APG) pour venir en aide aux petits indépendants entravés dans leur activité est également de nouveau à l’ordre du jour. Elle pourrait se faire plus rapidement, les autorités cantonales n’étant pas impliquées.

Le Conseil fédéral doit annoncer mercredi une nouvelle série de mesures pour lutter contre la pandémie. Mardi, près de 6000 nouveaux cas étaient recensés en Suisse.

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