La baisse des prix atteindra 0,4% cette année, selon l’Office fédéral de la statistique. Cette augmentation du pouvoir d’achat, donc du salaire réel, incitera-t-elle certains représentants patronaux à refuser toute augmentation salariale générale en 2013?

C’est la crainte des syndicats, notamment Travail.Suisse et Syna, qui ont fait valoir jeudi à Berne leurs arguments en faveur d’une augmentation générale des salaires. Susanne Blank, de Travail.Suisse, revendique une hausse de rattrapage puisque depuis 2010 les salaires ont «modestement augmenté de 1 à 2% alors que l’économie suisse a renoué avec une croissance solide».

Il s’agit en outre, selon elle, de prendre en compte la plus grande flexibilité exigée par les employeurs, en particulier dans le domaine des horaires de travail. Dans l’industrie d’exportation par exemple, une augmentation de la durée du travail a été temporairement imposée sans compensation salariale.

La revendication la plus élevée concerne La Poste, avec une hausse de 2,5% en 2013. Par contre, les syndicats, liés par un accord sur deux ans avec les CFF conclu en 2011, se contenteront de demander une «prime unique», sans augmentation de salaire, en faveur des employés du secteur ferroviaire.

Les revendications, en cours de négociation, sont également modestes dans le secteur du tourisme et de la restauration qui souffre de l’effet «franc fort». Eric Dubuis, membre de la direction de Hotel & Gastro Union, ne tient pas à fragiliser un partenariat social solide dans la branche, basé sur la convention collective de 2010 et une nouvelle grille salariale en 2012. «On pourrait cependant difficilement se satisfaire du statu quo», avance-t-il. Syna demandera une hausse moyenne de 2% dans le secteur des arts et métiers.