Syngenta, issu de la fusion, l'an dernier, entre les activités agrochimiques de Novartis et d'AstraZeneca, le groupe bâlois a publié, lundi à Londres ses premiers résultats pour l'ensemble de l'année 2000. «Ils ont été soutenus par les programmes de réduction des coûts annoncés en 99», a expliqué Michael Pragnell, directeur général. Lors de son union, Syngenta avait, en effet, annoncé toute une série de mesures, dont la suppression de 3000 emplois échelonnée sur plusieurs années. «Ce sont des départs naturels, des postes non repourvus, explique Paul Castle, porte-parole de Syngenta. Il y a déjà eu environ 1000 départs.» Le groupe emploie à l'heure actuelle, environ 20 000 personnes dans le monde, dont 850 à Monthey en Valais. Outre sa restructuration, la société avait dû vendre sa ligne de produits herbicides pour le maïs afin de répondre aux exigences de la Communauté européenne. L'entrée en Bourse du groupe agrochimique bâlois n'avait pas été une réussite. Il a subi la morosité de la branche dans son ensemble, due notamment aux craintes exprimées de plus en plus souvent par les consommateurs face aux organismes génétiquement modifiés (OGM).

Résultat opérationnel en progression de 13%

Mais Syngenta a réalisé des résultats conformes à ses attentes. Le chiffre d'affaires pro forma a diminué de 2% à 6,846 milliards de dollars (11,7 milliards de francs). En revanche, le résultat opérationnel est en hausse de 13% à 693 millions de dollars. Son résultat d'exploitation avant impôts, intérêts, dépréciations et amortissements (EBITDA) a progressé de 5% à 1,195 milliard de dollars. Le bénéfice avant impôts s'inscrit à 450 millions de dollars (+19%) et le bénéfice par action à 2,19 dollars (+16%).

Ces premiers résultats sont «très encourageants», écrit Heinz Imhof, président du conseil d'administration du groupe. Les activités cédées représentent un chiffre d'affaires de l'ordre de 400 à 500 millions de francs. Le chiffre d'affaires de la division protection des plantes (Crop protection) a diminué de 3% à 5,888 milliards de dollars. La division semences (Seeds) a vu ses ventes progresser de 1% à 958 millions de dollars. Au 2e semestre, le chiffre d'affaires a diminué de 3%. Le froid extrême dans une partie des Etats-Unis a forcé les agriculteurs à semer plus tardivement qu'en mars. Idem en Europe, qui souffre des fortes précipitations cet hiver. Du coup, les experts tablent sur une croissance de Syngenta plutôt l'année prochaine.

Il n'empêche qu'à fin 2000, la société a pu réduire sa dette à 2,4 milliards de dollars. Le groupe a notamment encaissé 955 millions de dollars provenant de la vente des activités cédées. Syngenta s'est fixé pour objectif un ratio EBIDTA sur chiffre d'affaires de 25% en 2004. Le groupe veut y parvenir en améliorant la qualité de son portefeuille de produits et par des synergies de coûts de 525 millions de dollars d'ici à 2004. Malgré ses bonnes résolutions, le titre à la Bourse suisse a, lundi, perdu 8,2% pour terminer à 88 francs. Il est le numéro un mondial en matière de protection des cultures et le numéro trois pour les semences, derrière ses rivaux américains DuPont et Monsanto. Et Syngenta compte lancer sept nouveaux produits – herbicides et pesticides – d'ici à 2002.