«Je suis pleinement satisfait des résultats 2010. Le chiffre d’affaires a progressé à deux chiffres au second semestre et Syngenta profitera de ce dynamisme cette année». Mike Mack, patron du groupe bâlois, est serein dans l’interview qu’il diffuse sur le site internet de la société, à l’occasion de la présentation, ce matin, des résulats annuels.

Les investisseurs ont apprécié les chiffres clairement au-dessus des attentes des analystes. Le titre bondissait de plus de plus de 4% à la bourse suisse à la mi-journée, dans un marché en très légère hausse.

Le groupe, qui a vu ses ventes diminuer aux Etats-Unis en 2010, profite d’une très forte croissance sur les marchés sud-américain, asisatique et de l’est européen. «Cette année 50% de notre chiffre d’affaires proviendra des pays émergents», assure Mike Mack.

Faiblesse aux Etats-Unis

Syngenta a dû réduire ses prix aux Etats-Unis, où les ventes ont nettement baissé. Le groupe ne publie pas de chiffres par pays mais les statistiques montrent que l’Amérique latine progresse de 21% dans la division protection des cultures, alors que les ventes sur l’ensemble du continent américain régressent de 7%. Quant à la région asiatique, elle voit son chiffre d’affaires augmenter der 15%, à plus de 1,5 milliard de dollars.

Le groupe bâlois enregistre une progression de 6% de ses ventes annuelles, à 11,64 milliards de dollars, dont 8,88 milliards (+ 5%) pour les fongicides, herbicides et autres produits de la division protection des cultures, et 2,8 milliards (+ 9%) pour la divison semences qui comprend des produits OGM, dont certains disposent d’une triple combinaison d’action. Pour la première fois, Syngenta dispose d’un produit dépassant le milliard de chiffre d’affaires annuel. Il s’agit du fongicide Amistar, en croissance de 20% en 2010, à 1,1 milliard de dollars.

Le bénéfice d’exploitation (EBITDA) augmente de 3%, à 2,5 milliards de dollars, alors que le bénéfice net diminue de 1%, à 1,39 milliard.

Unifier la gamme de produits

Le groupe va s’engager dans une vaste opération d’intégration des deux divisions protection des cultures et semences. «Cette nouvelle stratégie consiste à unifier nos équipes de vente, mais également à présenter une offre commune ciblée par catégorie de clients et par pays», explique Mike Mack, dans une interview.

Ce programme sera implanté jusqu’en 2012, mais déploiera sa pleine efficacité dès 2015. Il s’agit en fait de l’extention d’expériences concluantes menées au Brésil, en Italie, et en Inde pour un coût de 14 millions de dollars en 2010. Le programme est devisé à 400 millions de dollars répartis sur quatre ans. Il doit permettre des économies annuelles de 650 millions dès 2015, dont 500 millions au niveau des fournisseurs et de la chaîne d’approvisionnement.

Mike Mack est resté vague sur les prévisions 2011, ce qui n’a pas affolé les investisseurs qui ont fait grimper le cours du titre et toucheront un dividende de 7 francs par action (+ 17%). Le groupe vise une marge bénéficiaire EBITDA de 22 à 24% en 2015, contre 21,5% en 2010. Il a également pour objectif de gagner une part de marché de 0,5% par an en moyenne durant ces cinq prochaines années.