Syngenta, le fabricant bâlois de semences et de produits chimiques pour l'agriculture, a reconnu avoir vendu «par erreur» aux Etats-Unis une variété non autorisée de maïs génétiquement modifié. Les faits se sont déroulés entre 2001 et 2004. Des semences de maïs Bt 10 expérimentales ont été vendues à la place de semences Bt 11 autorisées aux Etats-Unis tant pour la consommation animale qu'humaine. Les grains non autorisés sont vraisemblablement entrés dans la chaîne alimentaire humaine et ont probablement été exportés dans différents pays. Mercredi, le gouvernement japonais a fait part de son intention de tester la présence de Bt 10 dans les arrivages de maïs en provenance des Etats-Unis.

Syngenta, qui a découvert le problème en décembre dernier, a alerté lui-même les autorités américaines. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes. «Le gouvernement américain ne nourrit pas d'inquiétude envers le Bt 10, a estimé l'Agence américaine de protection de l'environnement dans un communiqué. La protéine modifiée dans le Bt 10 est la même que dans le Bt 11.» A la nuance près que le gène pesticide du Bt 10 est rajouté dans un endroit différent. Syngenta a expliqué que l'incident pourrait provenir d'une «contamination» de ses lignes de production de semences.

Une réputation pas atteinte

La société estime que ses semences non autorisées n'ont représenté que 0,01% de la récolte américaine de maïs. Elle pourrait néanmoins se voir réclamer une amende de 500 000 dollars, selon le Service américain d'inspection sanitaire de la flore et de la faune. «D'autres amendes pourraient être infligées dans d'autres pays», estime Patrick Lambert, analyste chez Helvea à Genève. D'après lui, le risque pour la réputation de Syngenta est «limité.» Cette affaire pourrait néanmoins de relancer le débat sur les dangers des contaminations de l'environnement par les organismes génétiquement modifiés et sur la sécurité au sein des firmes du secteur des sciences de la vie. Dans un communiqué commun, Greenpeace et la Déclaration de Berne ont qualifié de «scandaleux» le fait que Syngenta ait mis autant de temps à s'apercevoir de sa méprise. Mercredi, l'action Syngenta a reculé de 0,79%.