Synthes a poursuivi sa vigoureuse croissance l’an passé. Le fabricant soleurois d’implants chirurgicaux a dégagé un bénéfice net de 907,7 millions de dollars (880 millions de francs), 10,2% de plus qu’en 2009. Les ventes ont quant à elles crû de 8,6% à 3,69 milliards de dollars.

Exprimée en devises locales, la croissance du chiffre d’affaires s’est inscrite à 7,5%, a précisé mercredi l’entreprise, dont le siège principal est basé à New Chester, dans l’Etat américain de Pennsylvanie. Le résultat d’exploitation a lui aussi affiché une progression à deux chiffres, soit de 10,4% à 1,28 milliard de dollars.

Synthes attribue l’essentiel de la nouvelle amélioration de la rentabilité aux mesures visant à accroître la productivité. En Amérique du Nord, principal marché de Synthes, les ventes se sont étoffées de 4,6% à 2,15 milliards de dollars. En Europe, les affaires ont présenté une croissance plus vive, le chiffre d’affaires y progressant de 7,8% à 850,2 millions de dollars (+10,5% en devises locales).

Mais les autres régions ainsi que l’Asie-Pacifique, dont la contribution au total des ventes du groupe reste toutefois moindre au regard de l’Amérique du Nord et du Vieux Continent, ont enregistré une évolution encore plus favorable. Pour le premier groupe, le chiffre d’affaires s’est envolé de 35,9% à 258,2 millions de dollars, alors qu’il a bondi de 18,9% à 424,4 millions de dollars en Asie-Pacifique.

Malgré un environnement demeurant difficile, notamment dans le secteur des implants lombaires, Synthes affirme présenter une croissance supérieure à celle du marché. L’entreprise, dont la part de la production en Suisse reste relativement importante, juge ne pas avoir trop souffert de l’appréciation du franc. Le groupe a aussi bénéficié de charges légales moins importantes.

Au rang des points forts de l’année sous revue, Synthes mentionne notamment l’inauguration en mai d’un site de production à Suzhou, en Chine. De taille modeste, cette unité doit en premier lieu servir le marché chinois et les pays alentour. Le groupe escompte pouvoir écouler ses produits dans l’Empire du Milieu l’an prochain.

En novembre 2010, Synthes a également acquis la société américaine Anspach, spécialisée dans les instruments chirurgicaux de pointe. Fort de l’acquisition de cette entreprise sise en Floride, le groupe compte gagner rapidement des parts sur ce marché évalué à près de 1,2 milliard de dollars, avec une croissance à deux chiffres.

Sur le seul 4e trimestre, le chiffre d’affaires de Synthes a gagné 9,6% par rapport à la période correspondante de 2009 à 975,8 millions de dollars. Au regard des trois mois précédents, la croissance des ventes s’est nettement accélérée (+4,9% au 3e trimestre 2010).

Si la performance de Synthes a dépassé les attentes des analystes, les investisseurs ne se sont guère montrés enthousiastes. Vers 10h10 à la bourse suisse, l’action se repliait de 0,92% par rapport à la clôture de la veille à 129,70 francs, dans un marché des valeurs vedettes SMI en hausse de 0,14%.

Suivant la tendance actuelle de nombreuses entreprises, Synthes ne livre pas de prévisions chiffrées pour l’exercice en cours. La société, qui employait 11 426 personnes à fin décembre 2010, dont environ 2300 en Suisse, se limite à indiquer que l’environnement de marché restera difficile cette année. Elle entend toutefois préserver sa forte rentabilité par des mesures d’amélioration de la productivité.