Après sa restructuration en 2004, la banque genevoise Synthesis a réorienté ses affaires sur Internet. «La gestion de fortune classique, ce n'est pas pour nous», admet Charles-Henri Sabet, son CEO et actionnaire à 64%. «Nous sommes revenus aux activités de change et de trading qui ont fait notre forte réputation.»

La banque a présenté mardi à la presse sa nouvelle plate-forme de négoce et de conseil en ligne, TradingFloor, téléchargeable depuis son site internet. Les clients privés peuvent y ouvrir un compte dès 15 000 francs. La plate-forme cible aussi les clients institutionnels et les tiers-gérants. La taille moyenne des comptes se situe actuellement à 210 000 francs.

TradingFloor permet aux clients de traiter à toute heure l'ensemble des Bourses et classes d'actifs, ainsi que les marchés à terme. En outre, elle propose une classe de produits peu connue en Suisse: les CFD, ou Contracts For Difference, qui permettent d'acheter ou de vendre des actions sans avoir à les détenir, ni à les emprunter.

Pour affirmer son image, Charles-Henri Sabet a engagé Pierre-Yves Revaz comme directeur de la communication. Cofondateur de Label Communication, il avait auparavant fondé et dirigé le département communication de la banque privée genevoise Lombard Odier & Cie. Pour Synthesis, il a conçu une vaste campagne publicitaire lancée cette année.

Engagée dans un effort d'économies pour sortir des chiffres rouges, la banque a déménagé il y a quatre mois de son luxueux immeuble de Rive pour s'installer rue des Alpes. «Notre activité passant largement par Internet, nous n'avions plus besoin d'une façade flamboyante», explique Charles-Henri Sabet. Synthesis a réalisé une bonne affaire en louant ses anciens locaux il y a 15 jours à Swisscom et à CapGemini.

L'effectif, tombé de 43 collaborateurs en 2003 à moins de 28 l'été dernier, repassera à 40 à la fin de l'année. Mais le profil a changé. La salle des marchés emploie principalement des «sales-traders», qui suivent de près les comptes des clients. Entre 25% et 30% de leur salaire est variable.

La banque ne prélève que 15 points de base de frais de courtage sur les actions: «C'est ce que l'on trouve de moins cher en Suisse, assure le CEO. La commission de gestion sur TradingFloor sera en ligne avec nos tarifs concurrentiels.» La banque ne facturera pas de droits de garde, frais de back-office et de gestion des risques automatique sur leurs comptes. En décembre, Synthesis a vu ses commissions croître de 23%, et de 50% en janvier, tirées par les changes, les CFD, et les futures.