Il prouve que la taille n'empêche pas de se faufiler dans des marchés difficiles. AHL, avec 25 milliards de dollars, dégage une performance exceptionnelle. Le fonds emblématique se nomme AHL Diversified Plc et gagne 25,9% cette année, à fin octobre. Durant ce triste mois d'octobre 2008 où les actions ont perdu 15,9%, le fonds a gagné 15,5%. AHL appartient au groupe de hedge funds Man Group basé à Londres et qui compte 600 professionnels à Pfäffikon, près de Zurich.

Lancé en 1987, AHL Diversified Plc gagne 19,8% par an depuis son lancement. Et il semble adorer les crises. Durant l'éclatement de la bulle internet, il gagne 71% alors que les actions internationales plongent de 48%. Durant la crise russe de 1998, il progresse de 25% alors que les actions baissent de 14%.

AHL Diversified Plc, fort de 4,3 milliards de dollars d'actifs sous gestion, s'appuie sur 77 professionnels à Londres, qui n'investissent qu'en fonction des indications de leurs algorithmes.

Il investit à travers des contrats à termes (futures) et des options dans une vaste quantité d'actifs, des devises aux métaux, des actions à l'énergie et aux obligations. En tout dans plus de 100 instruments négociés sur 36 bourses. A fin juin, les principaux secteurs sont par exemple les devises (22,6%), les obligations (19,2%), les actions (18,9%). Le programme profite de tendances à la hausse comme à la baisse dans ses secteurs.

La philosophie repose sur l'existence d'anomalies qui, en finance, reflètent la corrélation sérielle des marchés, selon Domenico Truncellito, porte-parole de Man Group, à Pfäffikon. Cette corrélation traduit soit un comportement de masse soit des éléments plus subtils tels que des écarts d'information.

Les algorithmes de trading assistés par ordinateurs visent à identifier les tendances des marchés et à clôturer les positions si une nouvelle tendance s'installe. Ces systèmes émettent des signaux avec différents laps de temps, qui peuvent aller de quelques jours à plusieurs mois.

Ce système correspond à une «black box» dans la mesure où les algorithmes sont inconnus des investisseurs. Mais AHL n'emploie pas l'effet de levier et l'endettement. Ce qui lui a évité les problèmes de liquidités en octobre puisque les marchés de futures sont restés très liquides.

La gestion du produit n'élimine pas le risque, mais la répartition du capital tient à diminuer le risque. En effet, un accroissement de la corrélation entre les marchés peut augmenter l'exposition au risque (au sens de volatilité) AHL disopse dès lors d'un procédé dynamique de pondération. Donc plus la volatilité augmente et plus la pondération diminue.

C'est pourquoi le programme vise des niveaux de volatilité définis plutôt que des rendements donnés. Mais la volatilité de AHL dépasse celle des actions. Entre 1990 et juin 2008, la volatilité annualisée de AHL atteint 16,2% alors que celle des actions internationales s'élève à 13%. La corrélation entre les deux est négative (-0,13%) ce qui offre à ce programme des vertus de diversification.

Pour 2009, le porte-parole du groupe estime qu'au sein des hedge funds, les stratégies sans effet de levier devraient bien se comporter, par exemple les «managed futures», les «distressed credits» et «l'arbitrage de convertibles» ainsi que le «global macro».