L’annonce mardi matin du rachat de Royal Bank of Canada (Suisse) par la banque Syz n’a surpris personne. Des rumeurs couraient sur la place genevoise depuis des mois. Quant à Eric Syz, il n’a jamais caché son intention de participer à la consolidation du secteur bancaire, en cours depuis plusieurs années en Suisse. «Cette acquisition s’inscrit dans le nouveau modèle d’affaires qui doit guider désormais la place financière suisse, explique le directeur général de la banque genevoise. Un modèle qui repose sur le savoir-faire et non plus sur le secret bancaire.»

Le rachat des activités suisses de RBC, financé entièrement grâce aux fonds propres du groupe, qui s’élevaient à 278,5 millions de francs fin 2014, doit permettre à Syz d’accéder à de nouveaux marchés complémentaires aux siens, en Amérique Latine, en Afrique et au Moyen-Orient. «Leurs équipes sont présentes sur ces marchés depuis plus de 20 ans et disposent d’excellentes connaissances en la matière», précise Eric Syz.

De plus, pour autant que la Finma valide la transaction, Syz devrait accroître sa masse sous gestion de 10 milliards grâce à cette opération pour atteindre 40 milliards de francs au niveau du groupe. Surtout, elle pourrait doubler ses avoirs sous gestion liés à son activité de banque privée pour les porter à près de 22 milliards de francs. «Nous allons rentrer dans le top 20 des banques privées en Suisse», se réjouit Eric Syz qui rappelle qu’il est important de pouvoir croître dans un secteur toujours plus concurrentiel.

Des licenciements à prévoir

Après Coutts et Lloyds notamment, dont les activités ont été rachetées par UBP, ou Standard Chartered, qui a cédé les siennes à Banque Heritage, RBC est une nouvelle banque étrangère qui décide de quitter la Suisse. Contrairement à ces récentes acquisitions néanmoins, qui concernaient la seule clientèle («asset deal»), Syz acquiert l’entité suisse de RBC dans son ensemble («share deal»). Et donc ses 150 collaborateurs.

Dans un premier temps, les deux entités fonctionneront en parallèle, reprend Eric Syz. Avec pour objectif de clôturer l’intégration à la fin du premier trimestre 2016 et de regrouper les équipes. «Puis, d’ici au premier trimestre 2017, nous allons déménager dans un bâtiment plus grand», poursuit-il en précisant que l’immeuble en question sera celui occupé pour l’instant par Credit Suisse au quai des Bergues, au centre de Genève.

«Comme dans toute intégration, il existera des doublons et des synergies sont probables, prévient Eric Syz sans toutefois chiffrer le nombre de départs de collaborateurs. Le transfert d’une partie de nos activités opérationnelles à B-Source l’année dernière ainsi que le recours au système Avaloq devraient rendre ces synergies d’autant plus intéressantes.» Fin 2014, le groupe bancaire genevois comptait 440 collaborateurs.