Quatre hôtels sur dix ont une capacité insuffisante. Depuis plusieurs années, les chiffres d'affaires dans la restauration sont sous le point d'équilibre. Sur les dix sociétés de remontées mécaniques des Alpes du canton, une seule s'avère rentable. Voilà le sombre tableau du tourisme vaudois dressé mardi par l'Observatoire de l'économie vaudoise de la BCV.

L'étude démontre une fragilité extrême du secteur, qui représente 7% du produit intérieur brut du canton et 9% de ses emplois. Tout d'abord, les statistiques sont lacunaires, «ce qui empêche les professionnels de cibler avec exactitude leur clientèle», estime Corinne Filippi, analyste expert crédit à la BCV. Si Lausanne et toute la Riviera tirent leur épingle du jeu grâce au tourisme d'affaires, «nous assistons à une désertification touristique de la campagne» (ndlr: comprenez le Gros-de-Vaud, le Jura vaudois, etc.), relève Paul Coudret, conseiller économique. De plus, l'offre, avec quelque 20 offices du tourisme régionaux, est trop fragmentée.

Pour redonner une identité touristique au canton, les auteurs de l'étude exhortent les autorités à réagir. «Par rapport au poids du tourisme, l'aide étatique n'est pas du tout proportionnelle. Surtout si vous la comparez au financement du développement exogène», regrette Paul Coudret. Il faudrait également défendre le tourisme vaudois sous une marque unique, recommande la BCV. Une stricte gestion de l'octroi des crédits et la mise en place d'exigences minimales de fonds propres (au-delà de 15%!) s'avèrent également déterminantes pour permettre au secteur de sortir de la crise.