On aurait pu croire à un poisson d’avril. Un tableau estimé à 450 millions de dollars qui disparaît sans laisser de traces... c’est cette quête invraisemblable qui est racontée lundi par le New York Times et par Les Echos ce week-end.

A ce jour, le mystère reste entier. Les théories les plus incertaines émergent. Certains pensent que l'acheteur, prince Mohammed de la famille royale saoudienne, aurait décidé de le garder pour lui. D’autres affirment que l’œuvre a été envoyée en Europe.

Troisième théorie: un restaurateur devait examiner le tableau à Zurich avant qu’une compagnie d’assurances lui demande de l’expédier encore. Mais l’expertise a été annulée et l’expert zurichois a refusé de commenter. Pour Dianne Modestini, restauratrice, cette œuvre qui disparaît «prive les amateurs d’art d’un chef-d’œuvre d’une telle rareté, un acte profondément injuste», déclare-t-elle au New York Times.

Lire l’article original: Le tableau qui rend fou le marché de l’art, Les Echos

Le statut du tableau le plus cher du marché de l’art était jusqu’ici détenu par Nafea faa ipoipo de Gauguin, adjugé à 300 millions de dollars. Le Salvator Mundi le détrône en 2017. Pourtant, en 1958, rien ne prédestinait à un tel succès cette peinture vendue pour 45 livres sterling à Londres et attribuée à un «simple suiveur» de Léonard de Vinci.

En 2005, le tableau endommagé est repéré par deux marchands new-yorkais qui l’achètent pour 10 000 dollars. Mais c’est en 2008 qu’il obtient une véritable reconnaissance puisqu’un professeur à Oxford pense avoir décelé le coup de pinceau du génie de la Renaissance.

Ensuite, tout s’accélère. Le Salvator Mundi est exposé en 2011 à côté de chefs-d’œuvre renommés de Léonard de Vinci à la National Gallery. Le tableau est présenté comme authentique alors que des doutes subsistent. Les épaisses couches de peinture retrouvées sur le tableau détonnent avec la finesse attribuée au peintre italien.

Pourtant, en 2013, le Genevois Yves Bouvier l’achète pour 80 millions de dollars avant que son client russe ne se retourne contre lui en 2015. Remis sur le marché en novembre 2017, le tableau est acheté par le prince Bader, proche du prince saoudien.

L’épopée continue pour les 500 ans de la mort de De Vinci. En septembre 2018, le tableau devait être exposé au Louvre d’Abu Dhabi, mais l’exposition est annulée et jamais reprogrammée. Depuis, les doutes subsistent. Et personne n’est capable de dire où est l’œuvre et si jamais elle reparaîtra.