«Les tablettes sont mortes». Site de référence consacré à la technologie, Techcrunch a émis un jugement définitif après la clôture du Mobile World Congress. Cette semaine se tenait à Barcelone le plus grand salon mondial dédié aux appareils mobiles. Et force est de constater que les tablettes se sont faites extrêmement discrètes. Les plus grands fabricants du secteur ont renoncé à présenter de nouveaux modèles. Ni Samsung, ni Sony, ni HTC, ni LG n’ont tenté d’annonces fracassantes, préférant dévoiler de nouveaux smartphones. Pour plusieurs observateurs, l’avenir du marché des tablettes semble compromis.

Certains ont tout de même dévoilé des modèles. L’espagnol BQ a présenté une tablette fonctionnant avec le système Ubuntu, le français Alcatel un appareil tournant avec Windows. Hormis ces outsiders, seul le chinois Lenovo a montré des tablettes bas de gamme. C’est un autre fabricant chinois, Huawei, qui a attiré l’attention avec son modèle Matebook. Mais ce n’est pas une tablette, plutôt un hybride mi-PC, mi-écran tactile, l’appareil étant équipé d’un clavier et se posant en concurrent des ordinateurs portables. Cela se voit au niveau du prix, ce modèle hybride devant coûter environ 1000 francs.

iPad en recul

Au niveau global, tous les indicateurs sont en baisse. Cette année, quelque 46 millions de tablettes devraient être vendues sur la planète et le recul devrait être de 8,6% par rapport à l’année dernières, selon une étude publiée récemment par le cabinet de recherche Digitimes. Un temps roi incontesté de ce marché, Apple fait désormais face à des concurrents de plus en plus nombreux. La marque à la pomme devrait vendre 21% des tablettes au niveau mondial cette année, devant Samsung (14%), Lenovo (7,2%), Amazon (5,8%), Huawei (4%), ou encore Asus (2,7%). Apple souffre le premier de ce ralentissement. Toujours selon Digitimes, il ne devrait vendre que 9,8 millions d’iPad ce premier trimestre 2016, soit une chute de 39,1% par rapport au dernier trimestre 2015 et de 20% pour un an.

Concurrence des «phablets»

Aucun élément ne semble pouvoir enrayer cette chute. Comme le souligne Techcrunch, les tablettes à 200 dollars (autant en francs) se multiplient et conviennent parfaitement à des usages de base: accéder à Internet, lire ses emails et regarder des vidéos. Avec de tels prix, les plus grands fabricants n’ont quasiment plus aucun intérêt à investir dans des appareils haut de gamme qui auront de la peine à se différencier. Les tablettes ont aussi une durée de vie nettement plus longue que les smartphones. Et ceux-ci les cannibalisent. «Maintenant, plutôt que d’acheter un smartphone et une tablette les gens optent pour des «phablets» et n’utilisent plus qu’un seul appareil – avec un grand écran – pour accéder à Internet», déclarait récemment une analyste chez ADI.

Du coup, l’avenir est peut-être aux appareils hybrides tels le Matebook de Huawei ou le SurfaceBook de Microsoft, qui fait actuellement ses débuts en Suisse avec un premier prix de 1699 francs.


Lire aussi: