Test

Tag Heuer contre Samsung, deux montres connectées face à face

Tag Heuer et Samsung ont tous deux mis en vente une smartwatch, fin octobre. Le Temps les a testées et a compté les points

Six mois après l’arrivée de l’Apple Watch, Tag Heuer et Samsung ont, presque simultanément, mis en vente une montre connectée fin octobre. La première pour l’horloger de la Chaux-de-Fonds, la troisième pour le géant sud-coréen de l’électronique.

Autant l’écrire d’emblée: les deux produits ne boxent pas dans la même catégorie. La Tag Heuer Connected est positionnée luxe. Elle coûte 1400 francs. La Samsung Gear S2, à 360 francs (prêtée par Digitec), se range clairement dans la catégorie des objets électroniques. Même si le numéro un mondial du smartphone démontre sa volonté de faire des montres qui ressemblent… à des montres.

Pendant trois jours, Le Temps les a testées et a compté les points.

Design

Les avis sont partagés. Un petit sondage informel auprès d’une dizaine de non-initiés n’a pas dessiné de tendance claire. La Tag Heuer impressionne (ou déplaît) par son diamètre (46 mm) et son épaisseur (13 mm). Son look moderne, presque futuriste, séduit. Même si certains le trouvent trop hybride, et lui préfèrent une Samsung plus cohérente avec ce qu’elle est: une montre connectée.

Plus fine (42 ou 39 mm, selon la version), la Gear S2 est aussi plus légère. Elle sied davantage aux petits poignets. Et, c’est une première pour Samsung: sa montre est ronde. Objectif: ressembler à une montre normale. C’est presque réussi. Presque, parce qu’à côté de la massive Tag Heuer, elle souffre de la comparaison.

Côté cadrans (digitaux, donc), les deux fabricants proposent plusieurs options. Il semble y avoir plus de choix chez Samsung. Mais là aussi, les cadrans «horlogers» (le chronographe, par exemple) est plus crédible chez Tag Heuer, qui remporte le premier point.

Prix

Soyons francs: la Samsung fait quand même un peu plus «cheap». C’est qu’elle est en réalité, puisqu’elle coûte 369 francs (ou 399 pour la version classic avec un bracelet en cuir). Pour une première expérience dans la montre connectée, c’est plus accessible qu’un produit à 1400 francs. Samsung égalise.

Prise en main

Le démarrage, la synchronisation et les premières manipulations ne demandent que quelques secondes. Par contre, et c’est valable pour les deux modèles, la prise en main et la découverte des différentes options est un peu compliquée pour celui qui n’est pas un habitué – qui n’a jamais eu de montre connectée. Les premières heures de test ont été un peu frustrantes. Notons toutefois que les modes d’emplois des deux fabricants sont bien élaborés, pour autant que nos interrogations restent générales. Au final, la Samsung Gear est un peu plus intuitive. On perçoit plus rapidement son potentiel. Elle prend l’avantage

Utilisation

Dès lors que l’on s’est familiarisé avec ces montres, les manipulations sont assez aisées. On retrouve beaucoup de similarités avec les smartphones usuels. A l’utilisation, chacune des smartwatches a sa particularité. Samsung fait très fort avec, en plus de deux boutons physiques, une couronne rotative qui se substitue à l’écran tactile. Celle-ci permet de faire défiler du texte, de naviguer entre les différents écrans ou applications ou de zoomer ou dézoomer sur une carte.

Avec la Tag Heuer, on peut visualiser les dernières notifications avec une seule main. Un rapide mouvement du poignet les fait défiler (vers le haut ou vers le bas). C’est convaincant. Autre spécificité: trois pressions rapides sur l’écran permettent de zoomer sur une information en particulier. Le poussoir, lui, renvoie à l’écran d’accueil – au cadran.

Sur la Samsung seulement, l’on peut rédiger des messages manuellement. C’est un peu fastidieux. L’aide à l’écriture est assez efficace tant que les textes restent basiques. Si l’on veut répondre immédiatement sans utiliser son téléphone, les messages et les emoticons préenregistrés (et personnalisables) sont plus adéquats. Les deux montres disposent de ces options. Samsung mène 3 à 1.

Fonctions

Sur ce point, les deux montres sont assez égales. Les deux modèles comptent chacune diverses fonctions ou applications liées à la météo ou à l’activité physique – le minimum syndical dans ce domaine. Par contre, Samsung a intégré un cardiofréquencemètre qui prend les pulsations au poignet. La fiabilité de cette technologie progresse, mais elle reste critiquée par les spécialistes. En se basant sur de précédentes expériences réalisées avec une ceinture à la poitrine, ces mesures nous semblent correctes.

En mode télécommande, toutes deux activent rapidement la musique téléchargée sur le téléphone. C’est simple et intuitif. La gestion et l’ajout d’applications sont également aisés. Tag Heuer, tournant sous Android Wear de Google, offre par contre nettement plus de choix que sa concurrente, qui repose sur Tizen.

La montre suisse marque aussi des points du côté des cartes, plus lisibles sur son écran de 1,5 pouce (contre 1,2 pouce pour Samsung). Malgré tout, et c’est la grande déception de ce double test, l’utilisation de Here Maps (Samsung) et de Google Maps (Tag Heuer) reste peu pratique. Cette application mérite vraiment des améliorations, car la lecture des itinéraires en temps réel peut, à notre avis, devenir la vraie valeur ajoutée des montres connectées, par rapport aux smartphones. Tag Heuer reste mené mais revient au score.

Commande vocale

C’est à noter: à la différence de l’Apple Watch, aucune de deux montres ne fait office de kit mains libres. Samsung propose par contre une option vocale qui permet de répondre ou de rejeter un appel. Pratique. En revanche, la reconnaissance vocale en général (S Voice de Tizen) présente quelques imperfections. La Gear S2 peine parfois à différencier les contacts à la phonétique trop similaire. La Tag Heuer, fonctionnant avec Google Voice, se montre plus perspicace. Mais pas parfaite non plus. Elle marque néanmoins ce point et égalise à 3 partout.

Wifi

Les deux montres fonctionnent sans téléphone – sans Bluetooth, pour autant qu’elles soient connectées via le Wifi. Cette manipulation est aisée. 1 point chacune.

Autonomie

Samsung annonce deux à trois jours d’autonomie, Tag Heuer une journée entière. En utilisation intensive (en test, donc), chacune d’elles a tenu un jour, pas davantage. En utilisation normale, on se rapproche d’un jour et demi. On conclut que Samsung s’est un peu avancé. Et que Tag Heuer s’est montré prudent. Là aussi, c’est une égalité. Le score est de 5-5.

Recharge

Les deux montres sont fournies avec une petite base sur laquelle la montre est déposée et qui peut être branchée via une prise électrique ou un câble USB. Pour recharger 70% de la batterie de la Samsung, il a fallu 2h15. C’est peu, mais c’est moins rapide que la Tag Heuer, pour laquelle 1heure et 15 minutes ont suffi. Petit plus: cette dernière affiche, outre le niveau de chargement, un compte à rebours. Utile. Tag Heuer marque le point décisif et l’emporte 6 à 5.

Voir également le face à face en vidéo

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