Un an à peine après la rénovation complète de ses trois bâtiments genevois pour une ardoise évaluée à 1 milliard de francs, Rolex s'attaque aujourd'hui à son site biennois, dont la mue devrait durer jusqu'en 2012. Actuellement répartie dans quatre bâtiments, la manufacture sera centralisée dans un complexe unique à l'architecture «contemporaine et performante», selon les termes de la porte-parole Dominique Tadion. Le montant de l'investissement n'est pas communiqué. L'achat du terrain de 46000 mètres carrés à la commune de Bienne, en 2006, avait coûté 18,5 millions à Rolex. Le changement d'affectation de la zone a été accepté lors d'une votation le 1er juin.

«Rationalisation», «nouvelles technologies» et «augmentation de la productivité» étaient les maîtres mots de la conférence de presse donnée lundi par la marque. Ce qui ne rime pas avec une augmentation des effectifs.

Sur ses 92000 mètres carrés de surface utile, le nouvel ensemble devrait offrir 2400 postes de travail, soit à peine plus que les 2350 actuels. Rolex a créé plus de 900 postes à Bienne depuis 2004. Même si le chantier se veut la preuve de sa «confiance en l'avenir», la marque se refuse à toute fanfaronnade en termes de création d'emplois et préfère vanter ses mérites en termes de productivité.

Stocks automatisés

Outre une tour de 50 mètres qui chapeautera la nouvelle manufacture, la principale nouveauté prendra place dans les entrailles du site sous forme d'un stock automatique basé sur des convoyeurs robotisés, du type utilisé notamment par les entreprises pharmaceutiques. Supervisé par les ingénieurs conseils du groupe Bonnard et Gardel, l'installation de ce système permettra d'augmenter la productivité de la manufacture. Le site de Bienne produirait aujourd'hui plus de 700000 mouvements par année, selon des estimations.

Face à la maquette du futur navire Rolex, les mots viennent à manquer au maire de la ville Hans Stöckli: «Biel, Bienne, Rolex», lance-t-il en écartant les bras pour souligner l'évidence. «Vous voyez ici le plus grand chantier privé de la ville», poursuit-il. Le plus grand peut-être, mais pas pour longtemps.

Swatch, dont la marque Omega talonne Rolex sur son créneau, envisage d'investir 100 millions de francs dans la région où se situe «l'une de ses racines historiques».

Une semaine après l'acquisition du terrain des Champs-de-Boujean en 2006 par Rolex, Swatch arrachait à son tour une parcelle une fois et demie plus grande dans la même zone. Entre-temps, le groupe a annoncé l'achat de deux autres terrains, dont le dernier, de 20000 mètres carrés, lui a coûté 12 millions de francs.

D'autres annonces à venir

Le regard accroché aux gabarits qui dessinent les formes du bâtiment Rolex à venir, Hans Stöckli se dit «un des maires les plus heureux de Suisse», mais se montre peu disert sur les autres projets en préparation dans sa commune. «Aujourd'hui, c'est le jour de Rolex. Demain, il y aura peut-être d'autres annonces.»