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Tamedia: bénéfice en hausse au 1er semestre, mais les recettes sont en baisse

Le chiffre d'affaire du groupe zurichois perd 5,7% par rapport au premier semestre 2016, et la publicité imprimée chute à nouveau, de 12%. Tamedia a cependant dégagé un bénéfice net en hausse de 37,1%

Tamedia voit encore ses recettes s'éroder, malgré un bénéfice dopé au premier semestre par des effets uniques. Confronté au recul accéléré du marché de la publicité imprimée, le groupe d'édition zurichois mise sur la réorganisation des rédactions de journaux et le numérique.

Tamedia a dégagé un bénéfice net en hausse de 37,1% sur les six premiers mois de l'année, à 76,6 millions de francs, notamment en raison d'une baisse des charges de prévoyance selon la norme IAS 19, indique mardi le groupe dans un communiqué. Les ventes ont, elles, reflué de 5,7%, à 475,1 millions, en raison principalement du recul du marché de la publicité imprimée de 12% sur un an.

La presse dominicale est en difficulté en matière de publicité

A l'aune du marché publicitaire, l'année précédente était déjà mauvaise (-11%). «Mais 2017 est la pire jusqu'à présent», a déclaré mardi Christoph Tonini, président de la direction générale de Tamedia, en conférence téléphonique. Et le repli au second semestre sera du même ordre, a-t-il pronostiqué.

Au sein du groupe, la presse dominicale enregistre les plus fortes pertes en matière de recettes publicitaires (-26%), suivie de la presse financière et économique (-19%). La presse grand public (-14%) et quotidienne (-9%) n'est pas épargnée.

Un EBITDA en croissance de 27%

Côté rentabilité, le bénéfice net des six premiers mois de l'exercice a décollé de 37,1% en comparaison annuelle, à 76,6 millions de francs. Le bond est dû aux changements dans l'évaluation des engagements de prévoyance. Le résultat d'exploitation avant intérêts, impôts et amortissements (EBITDA) s'en trouve gonflé de 27,7%, à 127,3 millions. Le bénéfice avant intérêts et impôts (EBIT) a crû de 55,3%, à 95,2 millions de francs. 

Sans ces éléments spéciaux, le bénéfice ressort à 54,5 millions de francs, contre 55,9 millions une année plus tôt. «Nous avons réussi à clôturer le premier semestre sur un bon résultat qui, en termes normalisés, se situe au niveau de l'exercice précédent», a estimé Christoph Tonini.

Plusieurs réorganisations annoncées

Mais les défis dans la presse payante restent «gigantesques», insiste le président de la direction. Le groupe a revu sa segmentation et réparti les anciens secteurs Publications régionales et Publications nationales en «Médias payants» et «Médias pendulaires». Le secteur Digital est rebaptisé «Places de marché et Participations».

Le segment Médias payants regroupe désormais tous les quotidiens, hebdomadaires et magazines payants. Son chiffre d'affaires s'est tassé de 7,4% sur un an à 296,2 millions de francs. Face à la régression marquée du marché publicitaire pour les journaux supranationaux et les magazines, Tamedia a pris une décision radicale.

La réorganisation des rédactions de journaux, annoncée mercredi dernier, implique le remplacement de rubriques supra-régionales par une rédaction centrale pour la Suisse romande et une pour la Suisse alémanique, complétées par des centres de compétences à Lausanne, Berne et Zurich. Mardi passé, le groupe avait déjà annoncé la fusion des rédactions du Matin et de 20 Minutes, avec à la clé, six licenciements.

 


 

A propos des annonces de la semaine passée


Le plan de réorganisation n'entraînera, lui, aucun licenciement, réitère la direction. Sur un effectif de quelque 3300 collaborateurs, environ 1000 sont concernés. Interrogée par Syndicom, Christoph Tonini n'a pas articulé d'objectif d'économies. «Il n'y a pas de chiffre», a-t-il déclaré. Le groupe compte sur les fluctuations naturelles au niveau des effectifs pour réduire la base de coûts, a-t-il réaffirmé.

Les syndicats Impressum et Syndicom ont quant à eux réitéré leurs critiques vis-à-vis du projet. Outre l'emploi et la qualité, les deux organisations professionnelles craignent surtout pour la diversité de la presse en Suisse.

Une évolution «positive» des offres numériques

Tamedia table sur le numérique pour compenser l'évolution du print. Les offres numériques – désormais 37% du chiffre d'affaires et près de 49,2% de l'EBIT – évoluent de manière positive. Dans le segment des médias payants, les abonnements numériques ont bondi de 16% depuis le début de l'année.

Le groupe vise à augmenter encore ce nombre, avec de nouvelles offres. Il prépare également une offensive dans le domaine de la vidéo. Le secteur Médias pendulaires a engrangé 71,8 millions de francs, en baisse de 9,6% sur un an. La déconsolidation du gratuit danois Metroexpress a grevé les revenus.

Echec de la fusion entre Starticket et Ticketcorner

Le secteur Places de marché et Participations – ex-segment Digital avec notamment l'ensemble des offres non journalistiques – a généré 117,2 millions de francs (+0,2%). Le portail homegate.ch a étoffé de 11% son chiffre d'affaires.

Quant à la billetterie en ligne, le projet de fusion entre les spécialistes Ticketcorner, en mains de Ringier (copropriétaire du Temps), et Starticket, propriété de Tamedia, n'a pas reçu le feu vert du gendarme de la concurrence. Suite à cet échec, «Tamedia poursuivra le développement de Starticket de façon autonome», indique le groupe.

Le secteur Places de marché et Participations (anciennement appelé «Digital») ainsi que l'ensemble des plates-formes journalistiques numériques de Tamedia («News numériques») ont contribué, pro forma, à hauteur de 37,1% au chiffre d'affaires. La part de toutes les offres numériques dans l'EBITDA a, elle, atteint 49,7%.

 

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