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Des employés de la rédaction des quotidiens «24 heures» et «Tribune de Genève» ont protesté mardi à Lausanne et Genève.
© LAURENT GILLIERON

MÉDIAS 

Tamedia croît avant tout dans le numérique

Au premier semestre, le secteur Digital a représenté 23% du chiffre d’affaires du groupe zurichois mais 38% du résultat opérationnel (EBIT). Selon une étude de PwC, les journaux représenteront moins de 10% du marché total des médias en Suisse en 2019

Quelle est la véritable situation financière de Tamedia? Alors que le groupe de médias zurichois a annoncé mardi le licenciement de 24 personnes dans les rédactions des quotidiens «24 heures» et «Tribune de Genève», le bond de son bénéfice l’an dernier a été maintes fois souligné dans différentes prises de position durant la journée. En 2015, le résultat net de l’entreprise a plus que doublé sur un an pour atteindre 334 millions de francs.

Un bénéfice gonflé par des effets extraordinaires

En y regardant de plus près, l’évolution des résultats de Tamedia n’a pas été exceptionnelle l’an dernier. Le bond du bénéfice du groupe en 2015 s’explique en effet avant tout par l’impact de la fusion des annuaires électroniques search.ch (Tamedia) et local.ch (Swisscom). A cette occasion, le groupe avait même versé à ses employés une participation aux bénéfices de 6200 francs par poste à plein-temps.

Sans la fusion de ces deux entités, le bénéfice net du groupe zurichois s’est toutefois établi l’an dernier à 119 millions, soit une baisse de 40 millions par rapport à 2014. Le chiffre d’affaires avait, lui, chuté de 4,5% à 1,06 milliard. Dans un commentaire publié en mars, les analystes de la Banque Cantonale de Zurich avaient estimé que le groupe avait plus ou moins compensé le recul des ventes dans la presse imprimée grâce à son portefeuille numérique.

Les publications régionales génèrent encore le plus de chiffre d’affaires

En 2016, l’évolution des résultats des trois unités d’affaires de Tamedia a confirmé cette tendance durant le premier semestre. Les ventes du segment Publications régionales, qui inclut «24 heures» et la «Tribune de Genève», ont reculé de 11% à 233,5 millions de francs. Celles du secteur Publications nationales («Le Matin Dimanche», «20 minutes», «SonntagsZeitung», etc.) ont diminué de 5% à 176,7 millions.

A l’inverse, les recettes de l’unité Digital, qui comprend toutes les offres numériques n’ayant pas un caractère journalistique, à l’exemple du site immobilier Homegate.ch ou du portail d’emploi JobCloud, ont bondi de 8,5% à 117 millions de francs. Avec seulement 606 collaborateurs fin juin, ce segment a généré à lui seul un résultat opérationnel de 27,4 millions, soit presque autant que celui de l’unité des Publications nationales (29,9 millions) employant 758 collaborateurs et aussi davantage que celui des Publications régionales (14,9 millions) avec un effectif de 1923 personnes à fin juin.

Lire aussi: Ringier réalise plus du tiers de son chiffre d’affaires grâce au numérique

De janvier à juin, le segment Digital a représenté à lui seul 23% du chiffre d’affaires du groupe mais 38% du résultat opérationnel (EBIT). En comparaison, le segment des Publications régionales, avec une part de 42% au chiffre d’affaires, a contribué à un cinquième (21%) du résultat opérationnel du groupe.

Les revenus issus des activités classiques et numériques ne peuvent toutefois pas être répartis de manière trop schématique. En effet, si le segment Digital a représenté 38% au résultat opérationnel (EBIT) de Tamedia au premier semestre, les offres numériques à caractère journalistique, à l’exemple de la publicité sur les sites de journaux, ont aussi contribué à près de 15% du bénéfice opérationnel entre janvier et juin.

Les journaux représenteront moins de 10% du marché des médias en Suisse en 2019

La tendance au tassement des revenus issus des médias classiques devrait se poursuivre ces prochaines années au profit des recettes publicitaires sur internet. Dans son étude consacrée aux perspectives pour les médias helvétiques intitulée «Swiss Entertainment and Media Outlook 2015-2019», le cabinet de conseil PwC prévoit une hausse annuelle moyenne des revenus liés à la publicité de 9,3% par an d’ici à 2019.

A l’inverse, les perspectives restent beaucoup plus mitigées pour les journaux, «qui luttent pour se numériser eux-mêmes», comme le formule dans l’étude Patrick Balkanyi, expert du secteur divertissement et médias chez PwC. En 2019, les revenus des journaux devraient atteindre 799 millions de francs, soit une part limitée à 9,5% de l’ensemble du marché du divertissement et des médias, comparé à une part qui atteignait encore 13,4% en 2014.

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