Avant de passer devant ses futurs investisseurs pour son entrée en Bourse, TA-Media s'offre une dernière retouche présentée, mardi, à la presse: un nouveau graphisme. «Le changement de logo, c'est le signal d'un changement d'attitude», a déclaré Michel Favre, président de la direction de Tamedia (TA-Media devient tamedia:). Depuis quelques jours en effet, le bâtiment qui abrite le célèbre Tages-Anzeiger – le quotidien a d'ailleurs donné les initiales à la société – a sur un côté de sa façade deux énormes points rouges peints sur fond blanc. Ils se voient de loin et ressemblent un peu à deux drapeaux japonais dessinés l'un en dessous de l'autre. «Les deux points ne sont pas ronds, mais plutôt ovales, souligne toutefois Michel Favre. Comme dans une phrase, ils montrent que ce n'est qu'un début et qu'il y aura forcément une suite. En outre, le caractère utilisé pour écrire le nouveau logo en un seul mot est une écriture nouvelle, encore peu utilisée.»

En tout cas, cette transcription rappelle la tendance d'aujourd'hui lancée par la mode graphique d'Internet. D'ailleurs, c'est bien là aussi que se trouve la mue plus en profondeur du groupe de presse zurichois. Il a notamment annoncé en juillet dernier le lancement d'un portail financier sur Internet en collaboration avec le Credit Suisse et Bluewin, qui entrera en fonction début janvier. L'entreprise des bords de la Limmat se transforme aussi d'une entreprise familiale en une société cotée en Bourse.

Hans Heinrich Coninx, président du conseil d'administration, qui porte, tout comme le financier Martin Ebner, des nœuds papillon fantaisie, a donné les détails du déroulement de la cotation de la société. Le groupe verra ses titres cotés pour la première fois à la Bourse suisse le 2 octobre. La publication de la fourchette de prix pour la constitution du dossier financier est prévue le 17 septembre. La période de souscription courra du 18 au 29 septembre. Elle est emmenée par la banque chef de file, UBS Warburg. Le syndicat bancaire étant constitué de la banque allemande WestLB Panmure et des banques suisses Lombard Odier & Cie, la Banque Cantonale de Zurich et Rüd, Blass & Cie.

Dans un premier temps, la famille Coninx, qui détient actuellement l'entier du capital, offrira aux investisseurs 23% des titres. Les collaborateurs et la direction du groupe de presse se verront quant à eux accorder une participation de 1%. Les actions qui seront proposées aux employés le seront à un prix inférieur de 20% à celui de souscription. Une année plus tard, une autre tranche de 10% du capital sera placée en Bourse. Afin de garantir l'indépendance de la société, il a été décidé de limiter les droits de vote à une part de 5% du capital. Seule exception à la règle: les actionnaires familiaux ne sont pas concernés. Ils ont signé en outre un contrat d'actionnariat les engageant pour une durée maximum de dix ans. Au total, deux millions d'actions nominales d'une valeur nominative de 10 francs seront émises. Un droit d'émission supplémentaire (greenshoe) de 300 000 titres est par ailleurs prévu.

Désormais Tamedia, qui appliquera les normes internationales comptables IAS pour être compatible avec les exigences boursières, devra donner des chiffres détaillés de la marche de ses affaires. La société s'est d'ailleurs dite satisfaite de ses résultats semestriels. Sur les six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a crû de 9,5% par rapport à la même période de 1999, à 415,1 millions de francs. Le bénéfice d'exploitation (EBIT) s'est pour sa part apprécié de 3,4%, à 72,1 millions. Tamedia prévoit de nouveaux importants investissements au cours des prochaines années, principalement dans la télévision et Internet. Selon Michel Favre, le groupe entend afficher sur les cinq ans à venir une croissance «au moins égale à celle du marché».