L'invité

Tant que nous aurons le capitalisme et la paix...

Le véritable risque dans notre monde n’est pas celui d’une crise ou d’un krach, mais il est politique, affirme Didier Maurin. Ce dernier défend l’action des banques centrales ces dernières années et recommande aux investisseurs d’acheter de l’or

Souvent, on me fait remarquer que les crises peuvent être dévastatrices et soudaines, ce qui est vrai. Mais trente ans d’une pratique quotidienne de la Finance, et une passion pour la philosophie, m’ont démontré que les crises sont avant tout des opportunités à saisir, et que tant que nous aurons le capitalisme favorisant le développement d’entreprises, ainsi qu’une paix mondiale, (malgré quelques déplorables attentats «religieux») le monde ne craint pas grand-chose et il se remettra toujours de ces crises qui ne restent jamais que temporaires.

Je me rappelle mon premier krach boursier, celui d’octobre 1987, lorsque la bourse perdit 37% en quelques jours seulement ce qui transit d’effroi nombre de petits actionnaires à l’époque. Ce krach, pratiquement plus personne ne s’en souvient aujourd’hui! Sir John Templeton, l’un des plus grands gestionnaires de l’histoire, voyait juste en affirmant «Tout comme les marchés haussiers, les marchés baissiers ne durent qu’un temps!»

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J’étais à la Banque Indosuez à l’époque, et de vieux «brisquards» de la finance me disaient de conseiller à mes clients de vendre une partie de leur patrimoine immobilier pour acheter des actions «à la baisse». Ceux qui ont suivi ce conseil ont réalisé d’importants gains par la suite, car la bourse a connu six années de hausse pratiquement ininterrompue alors que l’immobilier, lui, avait «corrigé» peu après. Mais je me rappelle aussi le regard interloqué de nombreux clients qui se demandaient alors si je ne sortais pas d’un hôpital psychiatrique en leur donnant un tel conseil!

Le véritable risque

Etre moutonnier, suivre les autres, prendre le risque de ne pas aller à contre-courant, voilà le pire des scénarios, en matière d’investissements comme dans nos vies privées!

A bien y réfléchir, le véritable risque dans notre monde n’est pas celui d’une crise ou d’un krach, mais celui d’un retour au communisme qui anéantirait toute velléité de reprise économique, ou celui d’une troisième guerre mondiale dont on pourrait ne jamais se remettre. Tant que ce scénario «communisme-guerre» ne se concrétisera pas, et que le couple «capitalisme-paix» restera d’actualité, je resterai invariablement optimiste, car je ne vois pas alors ce qui pourrait empêcher le monde entier de constamment se relever!

Cela étant, les crises sont avant tout des opportunités à saisir, aussi, dans la mesure du possible, mieux vaut essayer de les anticiper afin de les contrer et surtout de les exploiter!

Je ne serais pas surpris qu’une nouvelle crise provienne des Etats-Unis, telle celle des subprimes en 2007-2008, car avec Trump aux commandes et un endettement américain toujours massif (même s’il concerne aussi d’autres marchés désormais), tout peut arriver! A cela s’ajoute l’endettement colossal de l’ensemble des pays de l’OCDE, qu’il s’agisse de l’Union européenne, de l’Angleterre, de la Chine ou du Japon, ce qui représente une véritable bombe à retardement en matière économique.

Heureusement, les banques centrales sont là!

Contrairement à la pensée de bon nombre, l’action des Banques centrales reste peu critiquable car si elles ne faisaient pas tourner à fond la «planche à billets pour boucher les trous», le monde entier serait tombé depuis longtemps dans une crise inexorable de faillites de milliers d’entreprises et leur cortège de dizaines de millions de chômeurs, avec un retour au fascisme ou/et au communisme, ainsi qu’un risque évident de guerre sur fond de faillites des Etats. Grâce à elles, le couple «communisme-guerre» a été évité et la liaison «capitalisme-paix» a été préservée pour le moment. On ne peut que les saluer pour leur action bien que cela nous démontre par par-là même à quel point notre monde est vulnérable.

Pour cette raison, je suis extrêmement positif sur les cours de l’or, avec l’opportunité des ETF à effet de levier investis dans le marché des mines d’or. En effet, si pour le moment celles-ci ont rechuté du fait d’une légère remontée des taux d’intérêt, je reste convaincu que l’incertitude géopolitique et le problème de l’endettement des Etats vont bientôt reprendre le dessus, conférant à nouveau à l’or un statut de valeur refuge qu’il a souvent connu!

A ce marché, il convient de rajouter celui de l’immobilier international car des rentabilités de plus de 10% par an, notamment en immobilier commercial, ne sont pas rares dans de nombreux pays, qu’ils soient en Asie, en Amérique du Nord ou en Europe. Or l’argent doit être investi en valeurs d’actifs pour plus de sécurité, et il faut se méfier des «produits de taux», notamment de nombreux marchés obligataires, car ces derniers ne représentent souvent que de la dette assise sur aucun actif.

L’argent doit représenter quelque chose, qu’il s’agisse d’un immeuble, d’une partie d’une multinationale ou même de quelques pièces d’or, car dans ce monde d’endettement, ne pas le «concrétiser» représente un risque de le voir dévaluer.

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