Innovation

Des tapis pour enfants qui s’animent grâce à la réalité augmentée

La start-up valaisanne Adventures Lab, en cours de création, prévoit de commercialiser son jeu dès cet automne

La réalité augmentée a fait parler d’elle tout l’été avec les Pokémon Go. Adventures Lab, une jeune start-up valaisanne, en cours de création, fera certainement moins de bruit avec son tapis de jeu qu’elle prévoit de commercialiser dès le mois de novembre. Pourtant, son concept qui fait aussi appel à la réalité augmentée est original. Il a d’ailleurs été primé lors du dernier Prix Créateurs BCVs en juin dernier.

Ce tapis d’1 mètre carré, en apparence traditionnel, est destiné aux enfants de 6 à 12 ans. Il symbolise un hôpital, vue d’avion, avec salle d’attente, table d’opération ou salle de radiologie. Tout autour de l’établissement, on aperçoit des rues, des maisons, une ferme ou des jardins. Grâce à une application pour smartphones et tablette, téléchargeable gratuitement, le tapis devient augmenté. Autrement dit il s’anime à travers un écran.

Des éléments en trois dimensions se juxtaposent, à l’exemple d’un squelette géant. Des éléments graphiques, des textes, des vidéos ou de la musique donnent également vie à l’objet inerte. «L’enfant peut entrer dans le corps virtuel qui flotte au-dessus du tapis. Il est aussi amené à bouger pour découvrir de nouveaux éléments, explique Thomas Crausaz, co-fondateur du projet Adventures Lab. Avec la réalité augmentée, nous voulons présenter le squelette, les organes ou le système cardio-vasculaire. Les enfants peuvent voir comment tout cela fonctionne. A cela s’ajouteront un quiz et un jeu éducatif.»

Testé auprès de 160 enfants

Thomas Crausaz souhaite, dans un premier temps, commercialiser son outil ludo-pédagogique, via le site web de sa future start-up, hébergée au technoArk de Sierre. Avant la fin de l’année, 200 exemplaires seront commercialisés au prix de 60 francs. Puis, à partir de 2017, il espère vendre trois modèles de tapis, avec à chaque fois une nouvelle thématique. Au total, il aimerait en commercialiser entre 2000 à 5000.

«Nous discutons actuellement avec des distributeurs mais nous ne savons pas encore quel sera notre canal de vente», dit celui qui a travaillé dix ans dans le développement de jeux en Grande-Bretagne, chez Free Radical Design et Crytek notamment. Il est rentré en Suisse en 2011 pour rejoindre l’EPAC à Saxon (VS) et ouvrir un département de GameArt pour enseigner aux étudiants l’art du jeu vidéo. «J’ai eu l’idée de créer ce tapis en devenant papa», explique-t-il.

Pokémon Go a ouvert la voie et vulgarisé la réalité augmentée. Nous en profitons d’une certaine manière

Thomas Crausaz s’est dès lors associé à Antoine Widmer, enseignant à la HES-SO Valais-Wallis et spécialiste dans les interactions homme-machine et la réalité augmentée. Les deux entrepreneurs ont fait tester l’objet, fabriqué en Europe, à plus de 160 enfants, ce qui a permis d’améliorer le produit. Des parents et des enseignants l’ont aussi pratiqué. «Le milieu scolaire et les familles sont nos publics cibles», précise Thomas Crausaz qui a d’autres projets en cours de développement. Notamment des chasses aux trésors de réalité augmentée dans les stations touristiques.

«Pokémon Go a ouvert la voie et vulgarisé la réalité augmentée. Nous en profitons d’une certaine manière. Nous allons d’ailleurs bientôt présenter un jeu de réalité augmenté qui permettra de visiter un site touristique tout en obtenant des bons à faire valoir dans certains commerces de la région.»

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