La Fédération horlogère, réunie jeudi en assemblée générale à Neuchâtel, a permis de prendre le pouls du marché à mi-course, ou presque, de l'exercice annuel. Le bilan annuel ne devrait pas sanctionner trop durement les affaires horlogères puisque la FH prévoit une très légère régression des exportations en valeur.

Sur les cinq premiers mois de l'année, le président François Habersaat a relevé que si le nombre de montres exportées a diminué de 5,5%, le chiffre d'affaires affichait un recul de 0,1%. En valeur totale, les exportations se sont élevées à 3,3 milliards de francs à fin mai. Par contre, cette évolution traduit une tendance devenue chronique: la hausse continue du prix moyen, qui passe de 229 à 242 francs. On assiste également au règne sans partage de la Suisse horlogère sur les hauteurs de la segmentation: la prédominance helvétique se maintient, comme le démontrent les statistiques, puisque 5% des montres taillées dans les métaux précieux s'adjugent près de la moitié de la valeur à l'exportation (8,42 milliards en 1998), soit 46%. Une minorité de marques parmi les centaines existantes pèse 4 milliards de francs. Le phénomène est menaçant dans la mesure où l'industrie horlogère suisse peine encore à concurrencer les producteurs asiatiques sur le terrain du volume, de la montre économique qui sera demain celle des marchés émergents.

Par marchés, les Etats-Unis soutiennent un rythme de croissance soutenu, talonnés par Hongkong qui laisse transparaître certains signaux attestant d'une reprise à venir. L'Europe, en revanche, accuse des résultats globalement négatifs.

Dans un autre registre, François Habersaat en a appelé à une restructuration de l'organisme faîtier, représentatif de la troisième branche à l'exportation derrière la chimie et les machines. Le directeur de la FH Jean-Daniel Pasche a noté que «sur le front européen notre branche, jusqu'ici, n'a pas vraiment souffert de la non-appartenance de la Suisse à l'UE. L'industrie horlogère suisse bénéficie du libre-échange qui existe entre les deux partenaires et l'accès au marché n'est ainsi pas limité. […] Bien que dans l'immédiat, il faille concentrer nos efforts sur l'adoption des accords bilatéraux, nous devrons dans un proche avenir nous déterminer sur la suite à donner à la politique suisse d'intégration».