Marketing

TasteHit et Prediggo lisent dans nos clics

Deux start-up vaudoises proposent des outils de marketing personnalisés. Elles ont signé des contrats avec plusieurs sites de commerce en ligne

Comment retenir les consommateurs sur des sites marchands? Grâce au marketing personnalisé. Si Amazon, Zalando ou Alibaba proposent déjà aux internautes des articles individualisés en fonction des historiques d’achat, des clics ou du temps passé devant certains vêtements ou objets, les sites de plus petite taille n’ont en revanche pas les moyens de le faire. Car pour parvenir à comprendre le comportement des internautes, il faut savoir analyser et interpréter une multitude de données.

Deux start-up en Suisse romande ont développé des solutions pour permettre à n’importe quel site de faire du conseil personnalisé. C’est le cas notamment de TasteHit, une start-up lausannoise qui a développé des logiciels capables d’analyser le temps passé par les internautes sur certaines pages web, les clics, la localisation ou le défilement des pages («scrolling»). Ces informations sont traitées par les algorithmes de TasteHit. «Nous avons créé un modèle mathématique pour générer des recommandations de produits qui sont spécifiquement adaptées aux goûts et préférences de chaque visiteur. Nous visons des sites d’e-commerce qui enregistrent entre 20 000 et quelques millions de visiteurs», explique Alexei Kounine, directeur et cofondateur de la start-up, au côté de Christopher Burger.

Augmentation du taux de conversion

Cette jeune société lausannoise, créée à Paris en 2014 et installée à Lausanne depuis fin 2015, a déjà signé des contrats avec une vingtaine de clients, notamment 1001maquettes.com, Tally Weijl, Naf Naf, Aigle ou Sinequanone. Concrètement, ces clients ont installé un logiciel sur leur site, avec une solution en mode cloud (informatique en nuage). «Nous captons anonymement les données. Nos services sont facturés, grosso modo, 25 euros (27 francs) par mois pour 60 000 visiteurs et 650 euros (702 francs) par mois pour 1 million de visiteurs. Nos clients obtiennent généralement une augmentation du taux de conversion de 5 à 15% (le nombre de visiteurs qui deviennent effectivement acheteurs)», précise Alexei Kounine.

TasteHit espère convaincre 100 clients d’ici à 9 mois et 500 clients en deux ans. «Nous sommes actuellement six personnes, dont deux nouveaux commerciaux», indique le directeur de TasteHit, dont la principale difficulté consiste à se faire connaître auprès des sites internet. La jeune société fait en outre face à une concurrence importante en matière de marketing prédictif. Mais la plupart des entreprises actives dans le domaine sont basées aux Etats-Unis. Mis à part Prediggo, également établie à Lausanne.

Prediggo mise sur le Web sémantique

La start-up Prediggo a été fondée en 2007 par le professeur Boi Faltings du Laboratoire d’intelligence artificielle de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Jean-Philippe Lallement, directeur du Parc scientifique d’Ecublens, Andrew McComb et Vincent Schickel-Zuber. Elle fournit un logiciel de recommandation basé à la fois sur les historiques d’achats mais également sur une technologie dite de Web sémantique. «Nous analysons le catalogue du client et les caractéristiques de chaque produit. Le but est de transformer la masse d’informations en un gigantesque index hiérarchisé», explique Vincent Schickel-Zuber, directeur de l’entreprise. Ces informations sont comprises par les ordinateurs afin d’apporter à l’utilisateur ce qu’il cherche vraiment. Au final, Prediggo aide les sites d’e-commerce à augmenter leur taux de conversion grâce à un moteur de recherche, un module de recommandations personnalisées et un outil de marketing. «Le chiffre d’affaires additionnel se chiffre à environ 30%», estime Vincent Schickel, qui travaille avec une équipe de quinze personnes.

Cet outil, fruit de quatre années de recherche effectuée par Vincent Schickel-Zuber lors de son doctorat réalisé au Laboratoire d’intelligence artificielle de l’EPFL, a déjà convaincu cinquante clients dont Payot, Mövenpick, Urech, Manor, Conforama, Eram ou Intermarché. «Nous adaptons nos logiciels aux demandes des entreprises, qui veulent pouvoir contrôler les produits qu’elles souhaitent mettre en avant», précise Vincent Schickel.

Publicité