La libre circulation des personnes provoque-t-elle une forte augmentation du nombre de chômeurs, particulièrement allemands, en Suisse? Non, rétorque, chiffres à l’appui, Serge Gaillard, chef de la direction du travail au Seco, en réponse à une forte polémique née en Suisse alémanique. Pour la première fois, le secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) publie une statistique détaillée des taux de chômage par nationalité. La forte immigration allemande, constatée en 2008 et 2009, ne gonfle pas les chiffres du chômage lorsque la Suisse doit faire face à la récession.

En moyenne annuelle, le taux de chômage se monte à 3,7% en 2009. Celui des Allemands installés en Suisse est inférieur de 0,3 point de pourcentage et représente 3,4%. Celui des ressortissants autrichiens, de 3,6%, est également inférieur au taux moyen. La forte différence des taux de chômage entre ressortissants suisses (2,7%) et étrangers (7,2%) en 2009 s’explique par l’immigration en provenance des Balkans (taux de 8,6%) et portugaise (6,2%).

Reste que la répartition du chômage par nationalité n’est pas la bonne approche statistique. Serge Gaillard constate que la grande partie des différences de taux de chômage n’est pas liée à la nationalité, mais aux branches économiques. En effet, si les taux de chômage des Portugais et des ressortissants des Balkans sont plus élevés, c’est simplement parce que ces nationalités sont surreprésentées dans des branches à fort taux de chômage comme l’hôtellerie.

Les variations des taux de chômage dus aux effets saisonniers, forts dans la construction et l’hôtellerie, touchent également proportionnellement davantage certaines nationalités. Ainsi, le taux d’Allemands sans emploi en décembre 2009 se monte à 4,5% (+ 0,1 point de pourcentage comparé au taux général), alors que celui des ressortissants des Balkans culmine à 10,2%, et celui des Portugais à 8,5%.