Le taux de chômage a encore crû en Suisse en novembre, passant de 3,3% le mois précédent à 3,4%. Le nombre de sans emploi inscrits auprès des offices régionaux de placement (ORP) a augmenté de 6874 personnes, à 148'143.

Les données publiées mercredi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) s'inscrivent dans une tendance amorcée au début de l'année déjà, et qui devrait se poursuivre durant une bonne partie de l'année prochaine.

"Le sommet de la courbe devrait se situer à 3,6%, et ce n'est que vers la mi-2016 que nous prévoyons un éventuel recul", pronostique Boris Zürcher, chef de la Direction du travail du SECO. Pour décembre, le taux de chômage devrait monter à 3,5%, estime-t-il.

Pour la Suisse, largement dépendante de ses exportations, le climat conjoncturel morose en Europe et le ralentissement de la croissance dans des pays comme la Chine pèse sur l'emploi. Certaines branches sont particulièrement impactées, et l'abandon du taux plancher franc/euro renforce l'effet de cette situation.

Dans l'industrie horlogère par exemple, 510 personnes de plus qu'une année auparavant étaient inscrites au chômage en novembre, soit une hausse de 36%. Dans l'industrie des machines, elles étaient 545 ou 32,2% de plus.

Difficile pour les jeunes et plus de 50 ans

Dans le détail, le chômage des jeunes de 15 à 24 ans, un segment toujours très observé, a lui aussi légèrement augmenté, de 244 personnes à 20'054. Son taux progresse de ce fait également de 0,1 point à 3,6%, indique la statistique du SECO. Par rapport à novembre 2014, le nombre de jeunes chômeurs a bondi de 7,8%.

Chez les 50 ans et plus, les ORP ont recensé 36'236 personnes au chômage, ou 1657 de plus qu'en octobre, soit un taux de 3%. Mais en rythme annuel, il s'agit de la catégorie d'âge qui a connu la plus forte progression du nombre de chômeurs inscrits, en l'occurrence de 9,5%. Ils forment aussi une grande partie (41%) des 21'829 chômeurs de longue durée inscrits depuis plus d'une année auprès d'un ORP.

L'ensemble des demandeurs d'emploi inscrits, catégorie qui comprend aussi des non-chômeurs, s'est pour sa part accru de 9966 personnes ou 5% de plus qu'au mois d'octobre, à 210'866. Le nombre de places vacantes annoncées aux ORP est de son côté resté stable, à 9465, mais montre une baisse de plus de 10% d'une année à l'autre.

Chômage partiel en forte hausse

Les réductions de l'horaire de travail, liées notamment à la cherté du franc, ont de leur côté fortement augmenté au sortir de l'été. En septembre, dernier mois pour lequel le SECO publie des chiffres, le chômage partiel a touché 4809 personnes, soit 1425 ou 42,1% de plus que le mois précédent. Le nombre d'entreprises qui ont recouru à cette mesure est passé à 502, soit 95 de plus qu'en août.

Durant ce même mois de septembre, 3079 personnes ont par ailleurs épuisé leurs droits aux prestations de l'assurance-chômage, selon les données provisoires fournies par les caisses. Ces personnes disparaissent du même coup de la statistique du SECO.

Détérioration plus marquée en Suisse romande

Durant le mois sous revue, le marché de l'emploi s'est détérioré davantage en Suisse romande et au Tessin que dans le reste du pays. Son taux y a grimpé sur un mois de 0,2 point à 4,7%, alors qu'en Suisse alémanique, il reste avec une moyenne de 2,9% (+0,1 point) nettement inférieur aux 3,4% calculés pour l'ensemble du pays.

Seul le canton de Fribourg fait exception, avec un taux de 3,1% (+0,2 point par rapport à octobre), alors que le canton bilingue de Berne affiche un taux de 2,8% (+0,2 point). Genève (inchangé) et Neuchâtel (+0,2 point) se partagent la lanterne rouge de ce classement, avec chacun un taux de 5,6%, devant Vaud avec 4,9% (0,1 point) et le Jura avec 4,4% (+0,2%).

Le Valais a pour sa part connu et de loin la plus forte progression du taux de chômage cantonal en novembre. Il y a bondi de 0,5 point de pourcentage, et se retrouve avec 4,4% au même niveau que le Jura.