Le taux de chômage en Suisse devrait avoisiner 3% cette année, comme en septembre où il est demeuré inchangé par rapport à août. Le nombre de chômeurs s’est pourtant accru le mois passé, de 1531 personnes à 129’965.

Les jeunes chômeurs, âgés de 15 à 24 ans, ont augmenté de 164 personnes le mois passé, à 19 480, précise le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) dans sa statistique mensuelle publiée mercredi.

Globalement, cette évolution «est le signal d’une conjoncture économique incertaine: septembre est, d’ordinaire, synonyme d’une diminution du chômage, les jeunes arrivés sur le marché du travail au cours de l’été réussissant à trouver un emploi», commente Yves Flückiger, professeur d’économie à l’Université de Genève et directeur de l’Observatoire universitaire de l’emploi.

Parmi les grandes incertitudes, Yves Flückiger cite la conjoncture dans la zone euro et la reprise américaine qui peine à déployer ses effets. Le seuil du chômage étant bas de surcroît, il devient d’autant plus difficile de le compresser, ajoute le professeur.

Léger repli en octobre

Ce dernier escompte une légère décrue en octobre. Quant à la situation en fin d’année, elle dépendra de l’évolution économique européenne et américaine, de la croissance des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) – au ralenti pour l’heure – et des tensions entre l’Occident et la Russie.

L’évolution du taux de change franc – euro et des relations entre la Suisse et l’Union européenne importeront également. La mise en oeuvre de l’initiative contre l’immigration de masse acceptée le 9 février, qui doit être encore définie, pèse sur le climat d’investissement des entreprises étrangères.

Un contexte rendant toute prévision particulièrement ardue. Yves Flückiger anticipe, du reste, un taux de chômage «autour de 3%» pour l’ensemble de l’année.

Les experts de la Confédération tablaient, en juin, sur un taux de 3,1%. Un coefficient qui devrait être atteint, indique le responsable du secteur Analyse du marché du travail et politique sociale auprès du SECO, Werner Aeberhardt, qui ne s’attend pas à une forte hausse d’ici à la fin de l’année. Le SECO publiera ses prévisions conjoncturelles actualisées le 16 octobre.

Stagnation dans les cantons

Pour en revenir au mois de septembre, la plupart des cantons affichent des coefficients stables en l’espace d’un mois. A Berne, le taux de chômage est demeuré à 2,3%, à Fribourg à 2,8%. Dans le Valais, le Jura et le canton de Vaud, il a stagné respectivement à 3,4%, 3,6% et 4,7%.

A Neuchâtel, il a régressé de 0,1 point à 5,1%. A contrario, il a grimpé à Genève de 0,1 point à 5,5% – taux toujours le plus élevé de Suisse. Hausse identique à Zurich à 3,2% et dans le Tessin à 3,9%.

Au niveau national encore, l’ensemble des demandeurs d’emploi a progressé de 3233 entre août et septembre pour atteindre 183’113. Cette catégorie regroupe les chômeurs, mais aussi des personnes en situation de gains intermédiaires, en programme d’emploi temporaire, en reconversion ou en perfectionnement.

Quant au nombre de places vacantes annoncées aux Offices régionaux de placement (ORP), il a fléchi de 68 le mois passé, pour tomber à 11 045. Un recul sur fond de refroidissement conjoncturel en zone euro, observe Werner Aeberhardt.

Du côté du chômage partiel, la mesure affectait 1065 salariés en juillet (dernière statistique disponible), soit 539 de moins qu’en juin. Elle concernait 146 entreprises, une baisse de 35.

Enfin, toujours en juillet, le nombre de personnes arrivant en fin de droits s’est établi à 3359, selon les données provisoires fournies par les caisses de chômage.