Après trois mois de valse-hésitation, l'économie suisse recommence à créer des emplois. Résultat: le taux de chômage au mois de février est repassé sous la barre des 2%. Avec la fin de l'hiver, le marché du travail montre une nouvelle fois les premiers signaux d'assèchement.

Le niveau de chômage, en marée remontante depuis quelques mois, s'est abaissé de 0,1% en février pour s'établir à 1,9% de la population active. Après la confirmation, jeudi, du léger accès de faiblesse de la croissance de l'économie helvétique (+1,8% par rapport au trimestre précédent en glissement annuel), les chiffres du chômage publiés par le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) sont plutôt rassurants. Mais la dynamique de l'emploi ne touche pas toute la Suisse de la même manière. Certains cantons peinent à concrétiser l'expansion économique du pays en termes de postes de travail. Genève est, sur ce point, souvent cité en exemple.

Du soleil en Valais

Avec un taux de chômage inchangé à 4,2%, ce canton reste la lanterne rouge de la Suisse. Selon les économistes, deux facteurs sont à l'origine des problèmes que rencontre cette région. D'un côté, Genève a une économie de services très développée. Le taux de rotation des emplois est donc plus important, ce qui a pour conséquence un taux de chômage frictionnel plus marqué que dans le reste du pays.

De l'autre côté, l'application du régime des indemnités chômage est différente de celle pratiquée par les autres cantons. Ainsi, dans ce canton-ville, on a tendance à très vite réintroduire dans la vie active une personne en difficulté, alors que le marché du travail n'est pas disposé à l'accueillir. Ces va-et-vient entre l'assurance chômage et le monde du travail biaisent les statistiques genevoises. Ces échecs gonflent le nombre des sans-emploi alors que, dans d'autres cantons, cette même personne ne grossira pas forcément le rang des chômeurs. Autre curiosité, quand la conjoncture est mauvaise, le différentiel de chômage entre Genève et le reste de la Suisse s'estompe. En revanche, une fois que la croissance est de retour, les disparités se creusent.

Parmi les cantons qui bénéficient de cette embellie, le Valais est le mieux placé. En effet, le taux de sans-emploi est de 2,6%, en baisse de 0,6% par rapport au mois précédent. Mais cette belle performance est étroitement liée à la saison touristique hivernale qui absorbe la main-d'œuvre de la région. Avec la venue du printemps, l'économie valaisanne retombera très probablement à son niveau de novembre de l'année passé (3,5%).

Pour sa part, le canton de Vaud a comptabilisé 312 chômeurs de moins qu'en janvier, pour un taux de 2,9%, en diminution de 0,1% sur le mois. Jura (1,8%) et Neuchâtel (2,1%), dont les économies sont fortement tournées vers l'extérieur, n'ont pas vu les niveaux de chômage se réduire. Il n'empêche que ces deux cantons montrent les meilleurs résultats de la Suisse romande. Ils sont toutefois loin derrière Appenzell Rhodes-Intérieures, champion toute catégorie avec un taux de 0,4%.