Du fait de la crise financière, les taux hypothécaires sont en chute libre, ce qui ne devrait pas être sans incidence sur les loyers. Après un premier recul de 0,25 point en juin, l’indice de référence affiche de nouveau une baisse de même ampleur.

Baisse des loyers L’association alémanique des locataires a réagi immédiatement à l’annonce du nouveau taux par l’Office fédéral du logement. Elle appelle les propriétaires, qui profitent selon elle depuis longtemps de la situation, à agir.

Comme nombre d’entre eux n’ont pas répercuté le dernier recul de l’indice, une baisse des loyers se fait désormais attendre. L’association demande que le pas soit franchi dès que possible, si les loyers se réfèrent encore à un taux de 3,25% ou plus. Si les bailleurs ne font rien, les locataires sont invités à leur adresser une demande écrite.

Propriétaires partagés Du côté des propriétaires, on ne se montre ouvert que du côté alémanique. «Un plus grand nombre de locataires devraient profiter d’une baisse», a déclaré à l’ATS la directrice suppléante de l’organisation faîtière HEV.

Le renchérissement de ces derniers mois n’était pas fort et la situation s’est apaisée en ce qui concerne les frais d’entretien, a-t-elle expliqué. Les coûts qu’un bailleur peut faire valoir pour contrebalancer une baisse des loyers sont ainsi relativement faibles.

Le son de cloche est nettement moins favorable du côté des Romands. La Fédération romande immobilière et l’Union suisse des professionnels de l’immobilier soulignent que «les locataires ne peuvent pas forcément tous prétendre à une baisse de loyer» et que chaque cas doit être examiné séparément.

Les deux associations énumèrent dans leur communiqué toutes les conditions à remplir. Seuls les locataires dont le loyer actuel prend en considération un taux hypothécaire supérieur à 3% peuvent potentiellement prétendre à une baisse de loyer. Les baux indexés (le loyer suit l’inflation) ne sont en outre pas concernés.

Pas plus que les immeubles bénéficiant d’aides cantonales ou fédérales, dont les loyers sont calculés selon les charges financières et d’exploitation effectives. Le bailleur peut par ailleurs invoquer une insuffisance de rendement de son bien pour contrebalancer une baisse.

Prochaine étape: décembre Le taux de référence, publié en quart de pour cent, est fondé sur le taux d’intérêt moyen pondéré des créances hypothécaires. Un nouvel indice est établi lorsque ce second taux, calculé sur la base du premier relevé qui se situait à 3,43%, évolue de 0,25 point. Par rapport au trimestre précédent, le taux d’intérêt moyen est passé de 3,07% à 2,93%.

Depuis le 10 septembre 2008, les loyers sont fixés dans l’ensemble de la Suisse sur la base d’un taux d’intérêt de référence unique. Il a remplacé les taux pour les hypothèques à taux variable valables jusqu’alors dans chaque canton.

Le taux de référence est publié quatre fois par an par l’Office fédéral du logement. Prochaine étape prévue: le 1er décembre 2009.