Les craintes de récession demeurent. Les coûts du capital à long terme sont à des niveaux quasiment prohibitifs, au moins pour permettre la bonne marche des entreprises.

Le scénario le plus favorable en 2008 serait que les coûts de financement reculent et que les investisseurs soient plus à l'aise avec les expositions à risque des institutions financières.

Les chiffres économiques montrent une économie qui ralentit à partir d'un taux de croissance très élevé au premier semestre. Il reste probable que le ralentissement soit inférieur aux craintes. L'emploi continue de progresser. Les sondages ISM sont faibles mais restent au-dessus des niveaux de récession.

Les écarts entre les taux sans risque et les taux du marché obligataire sont restés stables ces derniers jours. Les prix des matières premières industrielles ont continué à fléchir. Mais le sentiment des marchés financiers révèle une incertitude persistante. Et les inquiétudes les plus récentes concernent la modération de la croissance économique globale en raison du durcissement des conditions de crédit.

Les coûts de financement des banques continuent d'être très préoccupants pour les perspectives économiques. La semaine dernière, les pressions sur les marchés du financement à court terme se sont intensifiées.

On attend dès lors des pressions soutenues sur le marché monétaire et des taux élevés jusqu'à la fin de l'année. En 2008, ces tensions devraient toutefois se dissiper. Le risque est de voir les coûts de financement à court terme se maintenir à des niveaux élevés longtemps et de façon plus prononcée. Les coûts de financement à long terme restent aussi particulièrement élevés.

Ces conditions de crédit coûteront à l'économie. Les banques doivent absorber des actifs dans leurs bilans tandis qu'elles amortissent dans le même temps des valeurs dépréciées sur les actifs déjà au bilan. Il existe un contraste frappant entre les coûts de financement du secteur financier et ceux du secteur industriel. Les investisseurs ne voient pas de risques de récession pour nombre d'entreprises du secteur industriel. Et il est vrai que la croissance des exportations et l'indice ISM démontrent quelque résilience. Mais cette divergence de conditions de financement ne pourra perdurer: soit les coûts de financement à long terme des banques reculent en ligne avec le secteur industriel, soit ce dernier finit par être rattrapé par des écarts de primes de risque, sous l'effet d'une activité économique en ralentissement aigu. Mais dans tous les cas, les taux des deux secteurs vont devoir converger à nouveau.