Politique monétaire

Les taux négatifs, fossoyeurs du cash

ANALYSE. Les grosses coupures n’ont jamais été si populaires. Or, il se pourrait bien que ce ne soit qu’un baroud d’honneur. La généralisation des taux négatifs pourrait à terme pousser les banques centrales et gouvernements à restreindre l’usage de la monnaie fiduciaire

Le cash, c’est comme le livre. Voila des années que l’on annonce sa mort. Mais pour l’instant, les incertitudes économiques et les taux négatifs – ce jeudi, la BCE annoncera si elle abaisse ou non ses taux directeurs, actuellement à -0,4% – font que le cash est toujours plus prisé. Pour preuve, il y a désormais plus de billets de banque de 100 dollars que de 1 dollar en circulation dans le monde. Et cela depuis 3 ans. Pourtant nous pourrions nous diriger vers une pénurie organisée de monnaie fiduciaire.

S’ils sont toujours plus nombreux, le Benjamin – le surnom du billet de 100 dollars – n’a pas pour autant supplanté celui de 1 dollar dans les porte-monnaie des Américains. Loin de là. Leur porte-monnaie contient en moyenne 60 dollars et, selon une étude de la Fed de Chicago publiée l’an dernier, 80% des quelque 12 milliards de billets de 100 dollars circulent hors des Etats-Unis. Selon ses détracteurs, il favoriserait, entre autres, les activités illégales et l’évasion fiscale.