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Les taux négatifs profitent surtout à l'immobilier. Un chantier à Zurich. (Keystone) 
© ENNIO LEANZA

Politique monétaire 

Les taux négatifs ont surtout profité à l'immobilier

Dans une étude, Credit Suisse observe que les caisses de pension ont faiblement augmenté leurs placements en devises étrangères. Les PME ont mis à profit les taux bas pour investir… dans la construction. L'effet sur le franc a, jusqu'ici, été limité

Il y a près d’un an, la Banque nationale suisse (BNS) introduisait les taux négatifs en Suisse, à hauteur de -0,25%, quelques semaines avant qu’elle n’abandonne aussi le taux plancher. Quel a été l’impact de cette mesure sur le cours du franc et l’économie helvétique? Dans son dernier «Moniteur Suisse» publié mardi matin, Credit Suisse constate que l’effet d’un loyer de l’argent négatif sur le cours entre l’euro et le franc a été «jusqu’ici limité».

■ Les caisses de pension n’investissent pas davantage en devises

En analysant ses effets sur différentes catégories d’investisseurs, la banque observe que les taux négatifs ont, certes, réduit les afflux de fonds vers la valeur refuge que représente le franc. Les banques étrangères, notamment, ont quelque peu diminué leurs liquidités et leurs dépôts en francs.

Toutefois, l’impact des taux négatifs a été beaucoup plus mitigé en ce qui concerne les caisses de pension. En effet, si les institutions de prévoyance ont sensiblement réduit leur part investie en liquidités, elles n’ont pas pour autant accru leurs placements dans des devises étrangères. «L’effet escompté des taux négatifs de la BNS n’est donc pas encore intégralement atteint», relève l’étude publiée mardi. La part des avoirs des caisses de pension allouée en monnaies étrangères dépasse toujours un peu plus de 22% des actifs gérés, tout comme il y a un an.

■ Les entreprises ne profitent pas des taux bas pour investir

Autre corrélation intéressante relevée par les auteurs de l’étude: alors que les fonds de pension ont réduit la part de leurs actifs en cash de 6% à fin 2014 à moins de 5% actuellement, leurs placements dans l’immobilier ont augmenté dans une même ampleur pour atteindre environ 22,5% actuellement. «La politique de taux d’intérêt a encore contribué à renforcer le marché de l’immobilier», a constaté Oliver Adler, chef économiste chez Credit Suisse, lors d’une conférence téléphonique.

Le faible niveau des taux n’a que faiblement encouragé les entreprises à investir dans leurs outils de production, alors qu’il a profité à l’activité de construction. A la question de savoir quel a été l’impact de l’environnement de taux bas sur leurs investissements, moins d’un tiers des dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) ont indiqué que cette situation ait eu un impact positif ou très positif sur leurs volumes d’investissements. «A cet égard, les investissements immobiliers figuraient généralement au premier plan, et ce même en dehors du secteur de la construction. L’effet des taux intérêts négatifs sur les investissements des PME via le canal du crédit est manifestement plutôt limité», concluent les auteurs de l’étude.

■ Pas de ruée sur les billets de banque

L’idée souvent évoquée selon laquelle les taux négatifs inciteraient les Suisses à garder toutes leurs économies en numéraire chez eux ou dans des coffres ne s’est pas vérifiée. Le «taux plancher effectif», soit le seuil à partir duquel les épargnants retirent leurs avoirs des banques, ne semble pas avoir encore été atteint en Suisse.

Contrairement à une opinion souvent répandue, les épargnants n’ont aussi, jusqu’ici, que peu souffert des taux d’intérêt négatifs. Les taux d’intérêt réels, qui tiennent compte du niveau d’inflation (négative elle aussi), ont même légèrement augmenté cette année. La Confédération, avec un endettement brut d’environ 100 milliards de francs, a, de son côté, profité d’économies à hauteur d’un milliard de francs par année.

■ Croissance plus faible attendue pour 2016

Parmi ses autres prévisions, Credit Suisse n’anticipe plus qu’une croissance de 1% en 2016, contre 1,2% précédemment. La banque escompte une hausse du taux de chômage à 3,7%, contre 3,3% prévu pour cette année. Oliver Adler s’inquiète de la dégradation observée sur le marché du travail domestique, laquelle concerne différents secteurs. «La hausse du chômage ne touche pas seulement l’industrie», a-t-il relevé. Le sentiment d’insécurité par rapport à sa place de travail a dans tous les cas nettement augmenté aux yeux des sondés tout au long de 2015.

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