Au cours des dernières semaines, particulièrement après le discours abondamment commenté de Mario Draghi à Sintra, certaines banques centrales ont haussé le ton, entraînant une remontée des rendements obligataires. Celui du Bund allemand à 10 ans est ainsi remonté à 0,5% et certains taux ont atteint des sommets que l’on n’avait pas connus depuis un bon moment.

Les banques centrales de Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et de Norvège ont tenu des propos offensifs et leur homologue canadienne a même relevé ses taux mi-juillet. Pour sa part, la Banque centrale européenne a souligné la solidité de l’économie européenne. Quant à la Réserve fédérale, après avoir augmenté ses taux en juin, elle a dévoilé un plan de réduction de son bilan, qui pourrait être mis en œuvre dès cette année.

Incertitude sur la fin de l’année

Certains acteurs du marché craignent qu’avec la hausse des taux à long terme, la Fed aille plus loin que ses propres prévisions (ces prévisions ou «dot plots» laissant apparaître davantage de hausses des taux que ce qu’anticipe actuellement le marché). Dans un tel contexte, certaines actions peuvent temporairement faire preuve d’une volatilité accrue. C’est ainsi que les valeurs de croissance technologiques américaines ont récemment sous-performé alors que les financières américaines ont surperformé. Cette incertitude pourrait bien ressurgir au cours de l’année.

On peut toutefois prévoir que les banques centrales à travers le monde restent globalement sur un biais accommodant. Ainsi, les actions internationales ne devraient pas être pénalisées par un resserrement des politiques monétaires et la volatilité pourrait s’accentuer. Ce point de vue est conforté par l’exposé semestriel de la présidente de la Fed, Janet Yellen, devant le Comité des services financiers de la Chambre des représentants.

Ses récents propos pourraient bien signifier qu’il existe un risque de plus en plus important que la faible inflation amène la Fed à freiner son cycle de relèvement des taux. La probabilité d’une réduction du bilan de la Fed plus tôt que prévu, en lieu et place d’une nouvelle hausse des taux, a donc augmenté. Par ailleurs, Mario Draghi a souligné la récente solidité de l’euro et précisé que le resserrement des conditions monétaires était un facteur dont il faudrait désormais tenir compte pour les évaluations futures.

Encore loin du taux neutre

Si les banques centrales semblent se réjouir des derniers chiffres de la croissance, elles craignent néanmoins toujours de provoquer une nouvelle récession. Aussi devraient-elles rester sur une trajectoire de normalisation progressive des taux d’intérêt. Il faudra encore plusieurs relèvements des taux avant que la Fed ne se rapproche du taux neutre (à savoir le taux sans impact, ni positif ni négatif, sur la croissance du PIB par rapport à son potentiel).

Une nouvelle hausse des taux ne devrait donc pas être mal perçue. De plus, le récent raffermissement de l’euro et la faiblesse persistante du cours du pétrole WTI maintiennent l’inflation à un niveau relativement bas et n’incitent pas à accélérer la hausse des taux. Tout cela est de bon augure pour les actions: les risques du côté des taux sont faibles et les bénéfices restent orientés à la hausse un peu partout dans le monde.