La proposition du président français de créer une taxe sur le secret bancaire passe très mal à Berne. Jacques Chirac a suggéré, au Forum de Davos, ce prélèvement afin de compenser l'évasion fiscale dans les pays du tiers-monde, notamment touchés par le sida. Hans-Rudolf Merz, interrogé par Le Temps, n'a pas du tout apprécié. «Monsieur Chirac se mêle des affaires internes de la Suisse. Il doit respecter nos procédures et nos positions politiques. Le cadre des négociations bilatérales était l'endroit adéquat pour discuter de la question. Je défends le secret bancaire dans sa forme actuelle, élément de protection de notre place financière.»

Thomas Sutter, porte-parole de l'Association suisse des banquiers, juge la proposition «bizarre» puisque «le secret bancaire n'est pas responsable de la fuite des capitaux», qu'il explique par la méfiance envers les systèmes juridiques de pays tiers. «Jacques Chirac se trompe de cible», note Michel Dérobert, secrétaire de l'Association des banquiers privés, en relevant que la France, notamment, est un pays refuge de capitaux provenant de pays en développement.