Diminuer les impôts ponctionnés sur les gérants de hedge funds rendrait la place helvétique beaucoup plus attractive. Le moment est tout choisi pour le faire, selon Pierre Mirabaud, président de l'Association suisse des banquiers (ASB). «Le gouvernement britannique vient de changer les règles fiscales offertes aux gérants» de hedge funds. «Cette profession n'est pas exercée en Suisse. Nous pourrions l'attirer, mais il faut changer très vite nos textes légaux. Une décision doit être prise d'ici deux à trois mois», a-t-il dit mercredi soir à Genève.

Ce délai semble peu réaliste à Philipp Cottier, partenaire auprès du gérant de fonds de hedge funds Harcourt à Zurich. Membre d'un groupe de travail qui traite le dossier des fonds alternatifs à Berne dans le cadre du «Masterplan», il estime qu'un changement de ce type prendra plusieurs années. Les premières propositions concrètes seront certes dévoilées à l'automne, mais le processus d'adaptation législatif ne pourra démarrer qu'ensuite, a-t-il expliqué jeudi au Temps en marge d'une conférence de presse de la Swiss Fund Association (SFA).

Un dossier délicat

Le dossier de l'imposition des gérants «est politiquement très sensible», a pour sa part indiqué Hans-Jörg Baumann, patron de la société zurichoise Swiss Capital Group. «Certains parlent d'un taux d'imposition de 15%. Je note qu'il ne s'agit pas de privilégier des personnes, mais une activité.» La profession étant quasi inexistante en Suisse, un impôt bas accroîtrait les rentrées fiscales en augmentant simplement le nombre d'assujettis. «Il faut diversifier nos activités financières dans une perspective de disparition du secret bancaire», ajoute Philipp Cottier.

A noter que si la Suisse ne compte encore que peu de «single manager hedge funds» (de purs fonds alternatifs), elle est en revanche parmi les leaders mondiaux des fonds de hedge funds. Sa part de marché est de 31%. Quelque 3000 personnes travaillent dans cette activité, dont la croissance a été supérieure à 20% ces dernières années.