Transport

Les taxis autonomes sont déjà une réalité aux Etats-Unis

Uber a obtenu le feu vert cette semaine pour reprendre ses tests en Pennsylvanie. En parallèle, Waymo, filiale de Google, a lancé son service de taxis autonomes dans la région de Phoenix

Uber peut respirer. La multinationale américaine, spécialisée dans le transport de personnes, a obtenu cette semaine le feu vert des autorités pour reprendre ses tests de véhicules autonomes, neuf mois après un accident mortel. En mars, de nuit, l’un de ses véhicules n’était pas parvenu à éviter une piétonne, la tuant sur le coup, ce qui avait contraint la multinationale à stopper immédiatement ses tests.

Les tests d’Uber pourront donc reprendre à Pittsburgh, où est basée ATG, la division de l’entreprise spécialisée dans la conduite autonome, mais le groupe n’a pas encore dit quand. Une chose est certaine, alors que la société prévoit une entrée en bourse, elle devra prouver aux investisseurs qu’elle aura un moyen de se passer, à terme, des 2 à 3 millions de chauffeurs avec qui elle travaille.

Service commercial à Phoenix

Toutefois Uber ne sera pas la première à lancer son service de taxis autonomes: sans faire de bruit, Waymo, filiale d’Alphabet (Google), a lancé, début décembre, un service commercial de transport de personnes sans chauffeur, service baptisé Waymo One. Ses débuts ont été effectués dans des villes proches de Phoenix – à Chandler, Tempe, Mesa et Gilbert – là où la société teste ses véhicules depuis 2016. La filiale de Google a emmagasiné une expérience unique au monde, ses voitures – des Chrysler Pacifica Hybrid – ayant circulé sur plus de 16 millions de kilomètres dans 25 villes américaines. Aujourd’hui, environ 600 de ces voitures circulent aux Etats-Unis.

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Dans les environs de Phoenix (Arizona), ce sont aujourd’hui plusieurs centaines de personnes, qui s’étaient inscrites auprès de Waymo pour être ses cobayes, qui paient pour être transportés sans chauffeur. Même si un humain reste, par sécurité, derrière le volant, il n’intervient qu’en cas de problème. Quant au passager, il commande son taxi – 24 h/24 et 7 j/7 – via une application similaire en tout point à celles d’Uber ou de son concurrent Lyft. Il faut indiquer de manière plus précise au véhicule sa position, et notamment de quel côté de la route on se trouve – car il n’est pas possible de communiquer avec le véhicule pour ce genre d’informations.

Même prix que Lyft

D’après les tests effectués par plusieurs médias américains, la conduite du véhicule s’apparente à celle d’un élève conducteur: lente et prudente. En cas d’arrêt brusque, la raison du stop est indiquée au passager, sur un écran. Pour un trajet de 15 minutes sur 4,8 kilomètres, Reuters a dû payer 7,59 dollars (presque autant en francs), un tarif comparable aux 7,22 dollars demandés par Lyft.

Waymo est encore prudent. «Avec le temps, nous espérons rendre Waymo One disponible pour davantage de personnes. La technologie de la conduite autonome est nouvelle pour beaucoup de monde, nous progressons donc prudemment», écrivait récemment sur son blog John Krafcik, directeur de Waymo. Pour l’heure, pas encore de lancement commercial à grande échelle, les tests se poursuivant dans des zones où le climat et l’environnement urbain sont les plus faciles à gérer pour les véhicules autonomes. En parallèle, on ne sait toujours pas comment Waymo compte, à l’avenir, gagner de l’argent avec ce service – il devrait être davantage fournisseur de technologie qu’opérateur de flottes de voitures, a priori.

Un milliard investi

Pour en arriver là, Waymo aurait consenti, ces dernières années, à plus d’un milliard de dollars d’investissement. La société n’est de loin pas la seule à viser le marché des véhicules autonomes, la plupart des constructeurs automobiles effectuant aujourd’hui des tests, seuls ou via des consortiums. Les pouvoirs publics s’y intéressent aussi. Fin novembre, le gouvernement britannique annonçait un plan d’investissement de 25 millions de livres (31,3 millions de francs) dans plusieurs entreprises de bus et de taxis. A Londres, les sociétés Addison Lee et Oxbotica doivent ainsi, avec cette aide publique, proposer des taxis autonomes d’ici à 2021.

En Chine aussi, des tests comparables sont effectués. Mi-novembre, la société WeRide.ai mettait en service trois taxis autonomes dans la ville de Guangzhou. Par mesure de sécurité, un humain est assis derrière le volant pour reprendre le contrôle du véhicule en cas de souci. Et même le passager, à l’arrière, dispose d’une pédale de frein à activer en cas d’urgence. La société Baidu doit, elle aussi, lancer une flotte de taxis prochainement dans la ville de Changsha.


La police bâloise a des soucis avec ses Tesla

Début décembre, la police bâloise réceptionnait trois des sept Tesla qu’elle avait commandés auprès du constructeur américain. Chacun des modèles X-100D électrique coûte 140 000 francs et les quatre véhicules restants doivent être livrés durant le troisième trimestre 2019. Leur autonomie est de 500 kilomètres mais ils ne devraient rouler que maximum 200 kilomètres par jour, avait affirmé la police bâloise au début du mois.

Mais cette semaine, un problème est apparu, rapporté par plusieurs médias alémaniques. Les voitures sont trop connectées, de l’avis du préposé cantonal à la protection des données. Les voitures, équipées de micro, enregistrent ce qui se dit dans l’habitacle et aux alentours, des informations qui sont stockées sur les serveurs de Tesla. De plus, le constructeur a accès au positionnement des véhicules. Contacté, Tesla a expliqué qu’il n’effectue ni enregistrement vocal ni localisation – hors cas exceptionnel – des véhicules. Dans l’attente d’éclaircissements, les Tesla de la police ne roulent pas encore. A. S.

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