Transport

Les taxis les plus chers du monde sont à Genève et à Zurich

Un trajet de 3 kilomètres dans la ville alémanique coûte environ quatre fois plus qu’à Paris. Le bout du Léman est plus de 100% plus cher, selon une étude britannique

Les factures des taxis de Genève et de Zurich sont les plus élevées du monde. Ces deux villes figurent en tête du dernier classement de Carspring, un concessionnaire anglais de voitures d’occasion. Publiée mardi matin, cette étude compare le coût des déplacements en taxi dans 80 villes du monde. «Pour créer cet indice, nous avons pris en compte le prix de base, le coût par kilomètre, le coût du temps d’attente et le prix habituel d’un taxi de l’aéroport au centre-ville», précise l’enseigne britannique.

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Zurich occupe ainsi la première place du podium avec plus de 8 francs par kilomètre. Son challenger, Genève, accuse un prix supérieur à 17 francs pour une course de trois kilomètres. Les deux localités helvétiques sont suivies de près par Tokyo, Copenhague, Helsinki et Londres. Pour un trajet de trois kilomètres, ces dernières villes proposent des tarifs allant de la moitié aux deux tiers de ceux qui sont pratiqués en Suisse.

La «Lex Uber» mise en cause à Genève

Le Caire est la ville où les taxis sont les moins chers du classement mondial de Carspring, avec moins de 10 centimes par kilomètre. Viennent ensuite Bombay et Bucarest, avec moins de 40 centimes.

Le coût de la vie en Suisse explique-t-il à lui seul cet important écart tarifaire? Pour Cédric Bouchard, le directeur de Taxiphone (la plus importante centrale de Genève), le prix des courses pourrait être inférieur s’il n’y avait pas de «nouvelles mesures imposées par la loi Maudet, qui conduisent à des aberrations». Exemple: la nouvelle taxe spéciale aéroport de 1,50 franc. «Cette dernière est prélevée en plus de la ponction de prise en charge régulière», s’insurge-t-il.

Autre difficulté due à cette nouvelle loi, à écouter Cédric Bouchard: «Depuis le 1er juillet, le chauffeur n’a plus le droit d’aller chercher son client en utilisant les voies de bus, alors que le taxi paie justement une taxe annuelle pour cela.» Résultat: le client doit attendre plus longtemps pour être servi.

Un prix plafond

Le Conseil d’Etat fixe un prix maximum de la course en fonction du kilométrage et de la durée. «Il n’a d’ailleurs pas augmenté depuis de nombreuses années. De plus, nos tarifs ont surtout l’avantage de rester stables et de ne pas fluctuer comme chez nos concurrents (à l'exemple d'Uber) lorsque la demande est forte», ajoute Cédric Bouchard, qui ne dit rien sur la possibilité de baisser ses prix pour être concurrentiel.

L’étude de Carspring ne prend pas en compte les difficultés de circulation dans les différentes villes. «Genève est engorgée en raison de sa configuration et de son manque de ponts», déplore le patron de Taxiphone.

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