Fonds de placement

La tech plaît au top 10 des gérants

De Samsung à Tencent en passant par Alibaba, les groupes technologiques appartiennent souvent aux principales participations des meilleurs gérants d’actifs émergents

Les actions émergentes sont bon marché sur de nombreux plans. Ces titres «se traitent avec une décote de 40% par rapport aux actions des pays industrialisés. Leur valorisation est inférieure à la moyenne historique et de nombreux marchés sont au plus bas, en particulier le segment A des actions chinoises.» Cette analyse optimiste est celle du gérant du meilleur fonds en actions émergentes sur cinq ans, soit Thomas Schaffner, gérant du Vontobel mtx Sustainable Emerging Markets Leaders.

L’intérêt des investisseurs pour ce produit se traduit par une hausse annuelle de 100% des actifs sous gestion, à fin novembre, à 2,6 milliards de dollars. Le gérant n’est pas en manque d’arguments. Il révèle que le rendement des sociétés émergentes devrait augmenter, sous l’effet d’une hausse des bénéfices de 11,8% (contre 14,3% en 2018), sur la base des prévisions de Credit Suisse.

L’an dernier, le fonds a toutefois perdu 14,3%, selon l’institut de recherche Morningstar. Même pour les meilleurs, l’année 2018 a été périlleuse et la performance négative.

Comment mesurer les paris d’un fonds

Face aux turbulences des marchés, «nous ne dérogeons pas à nos principes et conservons notre stratégie de manière disciplinée. C’est d’autant plus important lorsque les peurs, la politique et un sentiment négatif règnent sur le marché», déclare Thomas Schaffner. Qu’une entreprise soit en Thaïlande ou en Indonésie lui importe peu. L’objectif du fonds est d’identifier les perles des marchés émergents.

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L’épargnant peut quantifier les paris d’un fonds par rapport à l’indice. On parle alors de part active. Plus le pourcentage est élevé et plus le gérant s’éloigne de l’indice. La part active du fonds Vontobel atteint 84%. Ses plus grandes participations sont très asiatiques: Taiwan Semiconductor, Tencent (Chine), DBS Group (banque, Singapour), Lukoil (pétrole, Russie), NCSOFT (jeux vidéo, Corée), CNOOC (pétrole, Chine), Samsung Electronics.

En réalité, Tencent, le champion chinois des services internet, a beaucoup souffert durant la baisse des actions technologiques, quand Pékin avait pris des mesures contre les jeux vidéo. C’est pourquoi RBC Emerging Markets Equity Fund, le troisième meilleur fonds sur cinq ans, qui n’avait pas investi dans la société, a présenté une bonne performance relative. Ses trois principales participations à fin novembre sont Naspers (média, Afrique du Sud), le conglomérat indien Housing Development et Taiwan Semiconductor.

Deux fonds UBS dans le top 10

Deux fonds gérés par UBS Asset Management (AM) figurent au sein des dix meilleurs fonds sur cinq ans. Ce sont aussi des fonds basés sur la sélection de sociétés promises à un bel avenir boursier. «La part active est aux alentours de 65% pour l’Institutional Emerging Markets Fund et de 75% pour le Global Emerging Markets Opportunity Fund. Le premier est un fonds actif réservé aux investisseurs institutionnels qui sélectionne environ 50 titres, avec 345 millions de francs d’actifs sous gestion. Le second, ouvert aux investisseurs privés, comprend 30 actions, avec une fortune de 1,7 milliard de francs, indique Alexis Freyeisen, spécialiste des fonds émergents auprès d’UBS AM.

Les gérants de ces deux fonds UBS ne cherchent pas à profiter des cycles à court terme des marchés. Chaque action demeure plus de trois ans en moyenne dans le portefeuille. Celui-ci se veut diversifié tant en termes de branches d’activité que de pays. Les principales positions sont identiques pour les deux fonds, mais dans un ordre différent: Taiwan Semiconductor, Tencent, Samsung Electronics, China Construction Bk et Alibaba au sein du fonds grand public.

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Par rapport à l’indice, les services financiers sont surpondérés. «Ce sont des valeurs sous-évaluées qui profitent du cycle économique ou, comme au Mexique, d’un réseau bancaire peu développé», écrit UBS. Les technologiques sont également bien représentées. Alexis Freyeisen se dit optimiste à l’égard des semi-conducteurs. L’offre devrait être contenue alors que la demande devrait continuer d’augmenter, par exemple sous l’effet des innovations en matière d’intelligence artificielle et de véhicules électriques. Les analystes ont révisé les attentes bénéficiaires à la baisse si bien que les valorisations sont attractives, note le spécialiste. Avec Tencent et Alibaba, les deux fonds UBS parient aussi sur les perspectives des plateformes du leader du commerce électronique.

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A l’inverse des idées reçues, la majorité des pays émergents profitent de la baisse du prix du pétrole, explique Alexis Freyeisen. Le rôle des monnaies est également crucial. Aux yeux d’UBS AM, le ralentissement américain et l’approche de la fin de la remontée des taux directeurs américains devraient réduire la demande de billets verts et profiter aux émergents.

L’Indonésie figure au rang de favori pour 2019, aux yeux d’Alexis Freyeisen. Le pays devrait profiter d’une reprise de la croissance, d’un cycle d’investissement porteur et de la fin du resserrement monétaire. Si les deux fonds n’investissent pas dans les pays frontières, l’expert se dit positif pour le Vietnam.

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