Technocrate 4.0

Les familiers d’Emmanuel Macron restent admiratifs devant son calme. Même au plus fort du tumulte parlementaire, lorsque le premier ministre Manuel Valls décida en février de faire adopter son texte sans vote à l’assemblée nationale, le ministre de l’Economie ne s’est pas emporté. Né en 1977, élève au prestigieux lycée parisien Henri IV, ce fils de médecin d’Amiens a le calme du pianiste doué, récompensé d’ailleurs par un prix de conservatoire.

Qualifié de «social-libéral», terme qu’il ne renie pas, le ministre a toutefois infléchi récemment sa partition à gauche, menant dans les colonnes du Monde l’offensive contre le «capitalisme naïf» et les «stratégies à court terme». Une manière de renouer avec le sujet de son mémoire en philosophie, consacré à la notion hégélienne «d’intérêt général». Féru de nouvelles technologies et d’industrie «intelligente» 4.0, sa conviction est surtout qu’après avoir raté le virage des années 1990-2000, la France, et son appareil d’Etat, ne réussira à rattraper le retard qu’au prix d’une profonde transformation.