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La télé de Salt, six mois plus tard

Que vaut l’offre TV de Salt sur le long terme? L’image est de qualité, l’offre de chaînes est appréciable, l’Apple TV est efficace… mais sa télécommande est une catastrophe

Lancée en mars 2018, l’offre internet et TV de Salt va bientôt fêter son premier anniversaire. Nous avons quotidiennement utilisé le service TV de l’opérateur durant plus de six mois, une période qui nous semble nécessaire et suffisante pour tirer des conclusions pertinentes pour qui s’interroge sur la qualité du nouveau venu sur le marché de l’internet domestique.

Salt propose pour rappel une formule révolutionnaire. Pour 49 fr. 95 par mois (39 fr. 95 pour les abonnés mobiles de l’opérateur), le fournisseur livre une offre «triple-play» combinant, en première mondiale, un accès à internet à 10 Gbit/s sur fibre optique, un service de télévision avec une Apple TV 4K de dernière génération (encore une première) et enfin une ligne téléphonique fixe, pour ceux qui l’utilisent encore.

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Souscrit en août 2018, l’abonnement a été activé dans les délais promis, au jour près (le 1er septembre), le relais entre la résiliation de l’abonnement Swisscom précédent et celui de Salt se faisant sans écueil. L’Apple TV 4K consiste en un petit boîtier parfaitement silencieux (un point important comparé aux usines à gaz d’UPC) à relier, comme habituellement, à sa box internet et à son téléviseur. L’application Salt.tv est déjà installée au déballage, il suffit de rentrer ses informations de connexion pour démarrer.

Des chaînes pour les geeks

L’application s’ouvre sur un menu latéral regroupant les fonctionnalités habituelles: replay, enregistrements, listes de chaînes ou encore guide TV. Rien de bien différent par rapport à la concurrence: la TV de rattrapage est disponible durant sept jours, les enregistrements sont stockés dans le cloud. Salt ne donne pas de capacité de stockage mais promet qu’il suffit pour sauvegarder jusqu’à 500 programmes, de quoi s’assurer la pérennité de tous les épisodes des Feux de l’amour.

Les chaînes proposées, au nombre de 300 dont la moitié en haute définition, sont peu ou prou les mêmes que chez Swisscom ou UPC. Les différences se jouent sur quelques chaînes spécialisées. Nous avons par exemple apprécié l’accès à Mangas, Game One ou Viceland (non disponibles gratuitement chez Swisscom), qui plairont certainement à un public jeune et geek sur les bords. Tout est une question de préférences, à l’utilisateur de comparer les offres avant de s’abonner. A ce propos, Salt a l’excellente idée de n’en proposer qu’une seule. Une simplicité dont devrait s’inspirer la concurrence…

Le service TV de Salt est fourni par Zattoo, ce qui suscitait avant son lancement quelques craintes quant à la qualité du flux vidéo. C’est tout le contraire: l’image est excellente, parfois même meilleure que chez Swisscom, notamment sur les flux en basse définition. Aucun artefact de compression vidéo n’est visible, le son et l’image sont toujours parfaitement synchronisés. L’application a planté deux fois en six mois, deux rares problèmes réglés par un simple redémarrage. Les sous-titres sont disponibles sur une bonne partie des chaînes étrangères, dans une police plus agréable que l’infâme police teletext visible chez Swisscom.

Désastre télécommandé

Hélas, ce quasi-sans-faute de Salt est terni par une affreuse verrue: la télécommande de l’Apple TV. C’est un désastre d’ergonomie, d’autant plus incompréhensible que l’entreprise est habituellement réputée pour ses produits bien pensés.

Elle est pourtant jolie au premier coup d’œil, avec son aluminium brossé et sa taille de guêpe. Mais ses dimensions sont l’un de ses pires défauts: elle est beaucoup, beaucoup trop petite pour tenir confortablement dans la main. Pire, sa symétrie quasi parfaite empêche de sentir au premier toucher si on la tient dans le bon sens! Quel intérêt de miniaturiser les appareils électroniques si c’est pour les rendre inutilisables?

La télécommande ne dispose que de six boutons physiques. Le reste se passe sur un horripilant pavé tactile carré sur la partie haute. Celui-ci répond à trois types de touchers: un clic physique, un tapotement et un glissé du doigt. Les commandes s’effectuent sur les quatre points cardinaux du pavé. Bonne chance avec ça… Même après six mois, on met encore le direct en pause quand on veut changer de chaîne et inversement; c’est une catastrophe et une source quotidienne de frustration.

La faute à Apple

Bien sûr, ce faux pas est à imputer à Apple plus qu’à Salt. Mais quel dommage, car cette Apple TV a tout ce qu’il faut pour plaire. Outre l’app Salt.tv, elle dispose d’un accès à l’App Store sur lequel se trouvent les applications indispensables (Netflix, YouTube…) et permet de diffuser sur la TV photos, films ou musiques stockés sur un ordinateur (PC ou Mac, depuis iTunes) ou sur un iPhone (nous n’y sommes pas parvenus avec un smartphone Android). Mais soyons honnête: on accepte bon gré mal gré de vivre avec cette piètre télécommande, compte tenu de la qualité du reste du service et des prix absolument exorbitants de la concurrence.


Suite à la publication de ce test, Salt assure proposer d'ici juin 2019 une autre télécommande en option (payante).

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